YOJIMBO - Cycles :
Il est temps d’embarquer à bord de la station I.S.R. YOJIMBO, engin spatial où flotte l’étendard de l’autoproclamé " Intergalactic Stoner Rock ". Vous trouverez à son bord, un équipage venu de la planète Schlagbourg qui prendra le temps de vous distribuer des riffs fuzzys intersidéraux, du doom orbital et une poignée de post rock gravitationnelle. Amoureux de S-F sous toutes ces formes, merci de bien attacher vos ceintures et glisser sous votre siège vos t-shirts ELDER et vos vestes à patchs ACID KING, le décollage pour " Cycles " et ses 7 météorites soniques est imminent. 
Vous l’aurez compris, ce quatuor alsacien (plus précisément de Strasbourg) qui avait enthousiasmé la presse à la parution de son  EP éponyme en 2022, continue d’explorer la galaxie avec son premier album qui démarre avec " What Comes After ",  pavé de plus de 9 minutes baigné de guitares massives et maitrisées, chant clair et intelligible, un point de rupture à mi-chemin pour mieux nous remettre une claque interstellaire. " Gravity " lui emboite le pas avec une introduction planante avant de nous envoyer ce riff aux allures de rock psychè/progressif, point de Sandra Bullock en solo dans l’espace ici, mais bien un YOJIMBO vénère sachant alterné les atmosphères, nous invitant à explorer des contrées inconnues.
" Rosebud ", single qui respire une certaine classe de par son clip. Mêlant images réelles d’une femme les yeux bandés et images du film d’Orson Welles, Citizen Kane. Critique de ce peut nous faire faire le pouvoir, à savoir être sans merci et sans scrupules avant de chuter à travers la dépression et le besoin de repentance. Le doomesque " Unchained " démarre lourdement, imposant une atmosphère pachydermique. On étouffe jusqu’à l’explosion guitare/basse, nous libérant du joug et de la dualité entre le bien et le mal, tourbillon épileptique vers un final nous envoyant droit dans les limbes. YOJIMBO fait de l’œil au Space Rock/Rock progressif des années 70’s, les papys de HAWKWIND et BLUE OYSTER CULT en rougiraient presque.
Il est temps de lâcher prise avec " God’s Spit ", démarrage aérien pour une expédition dans l’hyperespace et l’introspection. Le cerveau comme planète à analyser, c’est le moment de tout envoyer balader et de tracer son chemin. Le jugement dernier pointe son nez avec " Doomsday Clock ", ses guitares acérées et les déclamations de Sophie sonnent telles le memento homo, " Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu redeviendras poussière ". Ce " Go back to dust " final comme un chant du cygne. Notre périple arrive à son terme, et comme un symbole c’est l’instrumental " Cycles " qui nous accompagnera lors de notre atterrissage. Une boucle intemporelle qui nous rappelle que la vie est composée de multiples cycles, qui ont tous un début et une fin  Un paroxysme harmonieux.
YOJIMBO parvient à se démarquer au sein d’une scène stoner rock/doom en pleine effervescence. S’imprégnant de la patte de ses pères comme ELDER, QOTSA ou ACID KING (le chant de Sophie rappelant une certaine Lori S., et ce n’est clairement pas pour me déplaire), mais gardant sa propre identité. Une démarche affirmée en étant autoproduit, en collaborant avec des artistes locaux (Collectif M33), en écrivant sa propre nouvelle de Science-fiction ou encore en faisant appel aux artistes de Fortifem pour cette splendide pochette psyché.
La richesse et l’ouverture à l’expérimentation vers différents médiums en fait un groupe à voir absolument dans les salles. La conquête spatiale est à portée de main, il serait dommageable de ne pas y prendre part. Un nouveau cycle nous attend…

(Chronique réalisée par DamDam)


Date de sortie: 25 avril 2025
Label/Distributeur: Autoproduction
Site Web: https://linktr.ee/YOJIMBO
Yojimbo

1. What Comes After
2. Gravity
3. Rosebud
4. Unchained
5. God’s Spit
6. Doosmday Clock
7. Cycles