LYING DAWN - Nothing Remains The Same :
C’est à la manière d’un diamant qu’on polit avec soins et précision, que la création de " Nothing Remains The Same " s’est étendue sur 2024 afin d’éclater dans nos chaumières et de garnir la hotte de papa Noel, fin 2025. LYING DAWN, formation parisienne biberonnée au grunge/métal alternatif sait parfaitement retranscrire ce qui l’a inspiré tout en lui donnant un bon coup de polish. Certes, le grunge est catalogué 90’s mais il reste pour beaucoup un passage formateur dans la vie d’un auditeur de rock, et pour d’autres une source inextinguible d’inspiration.
Guitares oppressantes et distorsion s’offrent à nous comme comité d’accueil pour une ouverture d’album fleurant bon la moiteur des studios Sound City de Seattle. Et si les productions de l’époque pouvaient sonner un peu cracra, celle à laquelle s’est attelée LYING DAWN est massive tout en ne dénaturant pas un contenu puissant d’authenticité. " Code Zero " aborde la politique capitaliste avec une furie martiale, un chant rebelle en opposition à la manière dont nous sommes dirigés par nos élites, des sonorités industrielles à la sauce MINISTRY. " Does he remember ", derrière son format mainstream très radiophonique façon reprise de " Cats in the Cradle " par UGLY KID JOE, nous plonge dans la maltraitance infantile et les cicatrices laissées par cette violence. " Abused " adopte une démarche assez proche sous riff rentre-dedans que papy Jerry Cantrell aurait pu nous gratter chez ALICE IN CHAINS tout en traitant de l’emprise toxique d’une mère et du moyen de se sortir d’une spirale malsaine.
Atmosphère suintante et grattes mélancoliques, " Weary Man’s Song " ressuscite le grunge des 90’s avec son solo incisif comme pour abréger nos souffrances face à la démence et la dépression. " Opium ", pièce la plus métallique de l’album et ses penchants PANTERESque nous dépeint un constat plein de lucidité et de désespoir. Y a-t-il vraiment un Dieu en ce monde, face aux souffrances et aux victimes des guerres sur fond de religion ? Les hurlements de Pilou, couplé aux lamentations du long solo de Will nous plonge dans le chaos et la distorsion.
" The gray veil /Through the window " une conclusion délicate, loin des structures poisseux et du chant nerveux que nous assène la formation parigote depuis le début de " NRTS ", ce sera le seul morceau en acoustique, nous plongeant aux lumières des bougies d’un MTV Unplugged. Conclue par une des plus belles répliques du cinéma, les mots prononcés par Rutger Hauer à la fin de " Blade Runner ".
C’est avec un opus sincère, qui vient des tripes que  LYING DAWN se libère, abordant des sujets lourds et actuels. Y fusionne la détresse et l’espoir, alternant mélancolie et frénésie, appuyé par un artwork schizophrène marquant. Nul doute qu’après y avoir posé une oreille, rien ne sera plus comme avant.

(Chronique réalisée par DamDam)


Date de sortie: 12 décembre 2025
Label/Distributeur: Autoproduction
Site Web: https://linktr.ee/lyingdawn
Lying Dawn

1. Intro
2. Code Zero
3. Does He Remember
4. Weary Man’s Song
5. Abused
6. Opium
7. The Gray Veil
8. Through The Window