Monkeys on Mars


Interview réalisée par DamDam au Westill Fest 2025 à Vallet le 31 octobre 2025.


Il y a des fusions qui marquent à vie par exemple, Sangoku et Vegeta qui s’unissent pour devenir Gogeta et botté les fesses de Janemba. Et bien MONKEYS ON MARS, c’est la fusion des Suisses de MONKEY3 avec les Bordelais de MARS RED SKY pour botter les fesses des amateurs de stoner psychédélique et de Space rock. L’attente et l’excitation était énorme pour tout fan de la scène concernant ce projet, l’occasion pendant le Westill 2025 de parler de la genèse de la formation ainsi que leur inspirations, il y est même question de La Soupe aux choux !

MONKEYS ON MARS, est-ce que vous pouvez vous présenter et nous expliquer comment est né ce projet ?
Boris : Alors MONKEYS ON MARS, c’est la fusion de MARS RED SKY et de MONKEY3 qui crée une troisième entité avec un répertoire qui lui est propre, un EP qui est sorti le 17 octobre. Allez chez le disquaire ! Et la genèse du projet simplement, au départ, l’idée était de faire juste une tournée standard ensemble puis petit à petit, est-ce qu’on ne ferait pas plus qu’une tournée ? Et puis sans s’en rendre compte il y a un EP et puis les dates de tournée.
Jimmy : Cela s’est fait assez naturellement, ça a été plus simple que ce qu’on imaginait. Je crois qu’il y avait de l’envie, et l’envie de laisser de la place. Avec beaucoup d’humilité, avec précaution un peu comme une première Date.

Et pour le processus de composition, vous êtes partis sur un bœuf ou vous avez échangé les idées ?
Jimmy : On a beaucoup échangé, on se connaissait depuis longtemps, on voyait un peu là où ça pouvait arriver. On s’est échangé pas mal de fichiers audios, ça a démarré comme ça…
Boris : C’est un travail qui s’est fait à distance, au vuede nos lieux de résidence respectifs. Mais il y eu beaucoup d’échanges, à travers les idées musicales et même du blabla. Petit à petit, les morceaux se sont mis en place, avec l’idée vraiment, qu’il y ait une fusion. Pas juste un EP split standard. D’ailleurs on sent les influences de chacun, mais en même temps ça ne ressemble ni à l’un ni à l’autre. Une vraie entité à part entière.

Jimmy doit s’absenter.

Pour moi j’ai un peu vu ça comme les Avengers du stoner ! (rires)
Boris : Ecoute, on a tenté l’expérience, maintenant on amène cette expérience là en live. On est qu’au début de cette aventure, depuis la sortie de l’EP il y a 4 dates en festival de prévues pour présenter le projet et le rodee, et au printemps prochain (Mars /Avril 2026) une tournée européenne complète où on va continuer de faire évoluer le groupe, et de l’amener de plus en plus loin.

Monkeys on Mars

Est-ce que vous allez partir ensuite, sur une création d’album pur ?
Boris : Pour le moment c’est l’idée du concept mis en place jusqu’à maintenant. Et puis après la porte est ouverte. Pour le moment, l’idée qui se présente en live, c’est que tu as un set de MARS RED SKY sur le dernier morceau de MRS, MONKEY3 les rejoint pour jouer une nouvelle version d’un morceau existant, de là nous enchainons avec notre set puis MARS RED SKY revient pour jouer le dernier morceau et on enchaine avec la collaboration. Mais ça peut être interchangeable. Au fil de la tournée du printemps, les choses peuvent encore évoluées, avec de nouvelles idées. C’est ce qui fait que le projet est excitant, pour nous tous c’est comme une nouvelle aventure, un nouveau groupe.

On peut dire que vous êtes des groupes qui ont de la bouteille avec une certaine expérience, je n’irai pas jusqu’à dire que vous êtes des vieux. (rires) Mais on sait qu’avec le bagage que vous avez, que ce soit avec MARS RED SKY ou MONKEY3, fusionner les deux, je trouve ça fou !
Boris : En tout cas, il se passe quelque chose sur scène, c’est aussi nouveau et c’est un challenge logistique et technique. C’est comme une deuxième jeunesse. Chaque groupe se nourrit de l’autre.
Une sortie de zone de confort en sorte ?
Boris : Totalement ! Des manières de travailler différentes, un feeling différent et le fait de se nourrir des uns, des autres pour nos groupes respectifs ça va nous faire grandir, ça va nous amener probablement à diversifier notre manière de travailler, de faire les choses et puis de faire progresser cette entité MONKEYS ON MARS.

Vous avez une approche plutôt proche de la musique et des univers que vous explorez, quelles sont les inspirations culturelles ou musicales qui vous permettent de créer ?
Boris ; C’est une question très riche ! Mais en même temps qui n’a pas vraiment de réponse. Souvent quand on crée de la musique, il y a un côté très spontané, instinctif alors fatalement il y a nos influences musicales ou culturelles qui peuvent ressortir. Ce qu’on a aimé comme musique, quel film on a vu, quel livre on a lu, le lieu de vie aussi ce qui s’y passe. Tout cela a une influence. Après ce qui est intéressant c’est que cette fusion de MONKEYS ON MARS, on a partiellement des influences musicales communes mais pas que. Et donc ça agrandit le spectre.

Vous travaillez actuellement avec MARS RED SKY, mais est-ce que MONKEY3 aurait d’autres envies avec d’autres formations ?
Boris : Oui des envies il y en a, pour le moment, on est vraiment concentré sur ce projet. Après on a fait des collaborations par le passé avec des chanteurs invités comme John Garcia de KYUSS, Tony Jelencovich. On a eu déjà quelques expériences de ce type. Alors bien sûr qu’on pourrait dire qu’on rêverait de jouer avec PINK FLOYD, mais vivons déjà l’instant présent, ça demande déjà toute notre attention.

Monkeys on Mars

Est-ce que tu aimerais voir des groupes, comme MONKEYS ON MARS, fusionner ou travailler ensemble comme vous avez pu le faire sur cet EP ?
Boris : Bon ça a déjà été fait, il n’y rien de nouveau mais si dans notre scène musicale, on voyait de plus en plus de groupes fusionner, créer… KAVADAR avait fait un disque avec ELDER pendant le Covid. C’est chouette, et probablement que ça amènerait du relief à la scène. Je pense que pour le public ça amène quelque chose de super. Cela prouve que la scène est unie, que c’est une grande famille, qu’il n’y a pas d’égo.

On parle de la scène justement, quelle est votre vision de la scène actuellement ?
Boris : Cette scène, on la vit depuis 20 ans maintenant, on l’a vu très underground à ces débuts et effectivement ça l’est toujours aujourd’hui mais nettement moins. Il y a énormément de groupes qui se sont greffés à la scène qui à la base n’y appartenait pas. Elle s’agrandit, s’élargit, évolue. Les groupes sont de plus en plus présents dans des festivals, hors scène. Ça prouve que la scène est en bonne santé, avec des nouvelles têtes.

Jimmy nous rejoint...
Jimmy : Oui j’ai l’impression, qu’il y a un phénomène de mode autour de cette scène donc c’est plutôt une bonne nouvelle. Plus d’offres, plus de groupes, il y a des choses qui nous plaisent moins aussi. On est surtout attiré, par des choses qui sortent un peu des sentiers battus.
La scène est assez riche pour le coup…
Jimmy : Plus actuellement qu’à une autre époque, il y a 7 ou 8 ans, on voyait beaucoup de groupes arriver avec du riff, du riff et du riff.
Boris : la scène est très riche maintenant, et multiculturelle accessoirement. Ce qui est important !
Jimmy : ça vient du public aussi, qui est assez ouvert, qui voit toujours le verre à moitié rempli. Moi qui ait côtoyé la scène dans les années 90, de la noise hip hop, de l’indie rock français, je peux te dire que les journaux, il préférait largement parler de ce qu’ils n’aiment pas et les gens aussi plutôt que de ce qu’ils aiment. J’ai trouvé ça fascinant au début, parce que je ne viens pas du tout du métal, et de voir que les gens étaient si cools, même quand ils n’aimaient pas un groupe, ils leur trouvaient des choses bien. Les gens sont connaisseurs, ils ne parlent pas de ce qu’ils ne connaissent pas en général. Ils ont plutôt tendance à dire " ah ouai, ce n’est pas que je n’aime pas, mais je préférai ce qu’il faisait y’a trois ans ! " Il te parle de ce qu’ils aiment et c’est vraiment typique. Ils achètent du merch, ils supportent les groupes. C’est du bonheur cette scène pour des artistes.

Vous venez de deux villes très riches culturellement, Lausanne et Bordeaux…
Boris fait la moue. T’es pas d’accord ?
Jimmy : Tu peux enlever peut-être le culturel pour Lausanne, qui est très riche !
Boris : Alors Lausanne sachez, que ce n’est pas une ville riche du tout ! C’est une ville historique oui, culturelle bien sûre. Et sportive !
Est-ce que vous avez des spots, des endroits à nous partager de ces villes justement ?
Boris : Si vous venez à Lausanne, évidemment il y a le bord du lac avec Evian en face… cette eau minérale super chère qui n’est pas chère du tout, ni à Evian ni chez nous ! Toute la zone du bord du lac, est magnifique. Et puis la vieille ville avec la cathédrale qui a des vitraux fantastiques, le plus grand orgue du monde avec un gars qui joue…
Jimmy : Il s’appelle Charly Oleg ! (Tournez Manège pour les connaisseurs !)
Boris : Laisse Evelyne (Leclerc) en dehors de tout ça !
Jimmy : A Bordeaux, c’est pas mal non plus ! On a des lacs aussi, je suis très proche de tout ce réseau lacustre quaternaire au sud de Bordeaux, dans les Landes. Il y a une espèce d’amoncellement de lac, les uns à la suite des autres le long de la côte, il faut prendre la voiture et rouler un peu. Mais après sur Bordeaux même, on a encore des petits lieux sauvegardés mais ça se réduit à peau de chagrin. Les néo ruraux, ils ont raison de se barrer ! Il y a encore quelques associations qui résistent et fond encore des choses très alternatives mais ça reste confidentiel. La ville s’étant gentrifiée,c’est de plus en plus compliqué de trouver ce type de lieu !

Pour finir, que pouvons-nous vous souhaiter ?
Boris : Joyeux Noel ?!
Jimmy : Hé MONKEYS ON MARS ça sonne un peu comme Jingle Bells !
Un projet d’adaptation d’album de Noel à sortir ? (rires)
Boris : Alors l’idée c’est qu’on doit reprendre en version MONKEYS ON MARS, la B.O de " La soupe aux choux ", le plus grand film de science-fiction de tous les temps !
Jimmy : Louis de Funès, grand acteur !
Jean Carmet, c’est pas mal aussi !
Boris : Donc, préparez-vous !
Jimmy chantonne la musique du thème Oxo La Terre (que je vous invite à écouter !)

Merci beaucoup, et bonne continuation les gars.

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