7 Weeks


Interview réalisée par Djaycee par mail au mois de Juin 2026.


Depuis ses débuts, NAWAKPOSSE accompagne le FURIOS FEST en partenaire fidèle, avec cette même envie de défendre une scène rock et métal vivante, diverse et passionnée. Pour cette nouvelle édition, nous nous sommes lancé un défi un peu fou, mais parfaitement raisonnable pour des gens qui considèrent qu’un mur d’amplis est une preuve d’équilibre mental : proposer une interview à tous les groupes de l’affiche. L’idée est simple : donner la parole aux artistes, mettre en lumière leurs parcours, leurs actualités, leur rapport à la scène, et faire monter tranquillement la température avant de se retrouver dans le Cantal.
On poursuit cette série avec 7 WEEKS, afin de préparer les cervicales autant que les esprits
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7Weeks

" Going Back Home " porte une idée de retour, mais aussi de bilan. Quand on rentre " à la maison " après vingt ans de route, qu’est-ce qu’on retrouve vraiment : une origine, une colère, une énergie, ou une forme de vérité ?
Une évidence, une simplicité. " Going Back Home " ne signifie pas forcément chez nous ou Limoges, mais le fait de se sentir à sa place, en phase. Ce n’est pas un bilan, l’album précédent l’était finalement plus. Là, c’est éliminer le superflu, pour juste être le plus authentique et en accord avec ce que l’on est.

Ce disque est présenté comme un retour aux sources de votre heavy rock. Est-ce que ce retour s’est imposé naturellement, ou avez-vous ressenti le besoin de vous débarrasser de certaines couches accumulées au fil des albums ?
Oui forcément, les " couches " que l’on peut appeler les arrangements sont une manière de présenter le propos. Chaque discipline tend à garder l’essentiel et se débarrasser du superflu à un moment si elle veut trouver sa forme ultime. C’est comme un voyage, il y a les étapes, les expériences et, au retour, on n’en garde qu’un souvenir global, une vision qui découle de tout ça, et souvent on se rend compte qu’on est ce qu’on a toujours été.

Votre musique a toujours eu cette tension entre puissance, groove, mélodie et rugosité. Sur " Going Back Home ", avez-vous eu le sentiment de resserrer le poing, de revenir à quelque chose de plus frontal ?
Probablement, on a cherché à avoir une cohérence, être ce que l’on est fondamentalement. Le dernier album exposait une mise à nu assez importante dans les émotions et les textes, mais cette mise à nu était celle d’une période précise. On avait envie de revenir à ce qu’est le groupe à la base, son ADN.

Après dix disques, on pourrait imaginer qu’un groupe connaît parfaitement sa formule. Pourtant, chez vous, on sent encore une envie de chercher. Qu’est-ce qui vous empêche de vous installer dans le confort ?
C’est justement le contraire, là on est dans le confort, les albums ou EP que l’on a pu faire étaient à chaque fois une expérimentation, une recherche faite de doutes, de difficultés, de remise en question. Là, on a aussi eu cette approche au départ puis on a laissé parler ce qui venait simplement, sans trop intellectualiser ou expérimenter.

Le power trio a quelque chose de presque impitoyable : impossible de se cacher derrière des arrangements trop nombreux. Est-ce que cette configuration vous oblige à être plus honnêtes dans l’écriture ?
Pas plus honnêtes car on l’a toujours été, mais plus efficaces, plus exigeants. Il n’y a quasiment pas d’overdubs, aucun doublage, donc tout repose sur le songwriting, le jeu et le son. Travailler avec Adrian Bushby, qui a accompagné des groupes capables de faire sonner très grand sans perdre l’impact rock, qu’est-ce que cela a changé dans votre manière d’aborder le son ?
C’est un travail conjoint en amont puis pendant l’enregistrement. Il aimait beaucoup notre dernier album mais on ne se connaissait pas, il est venu nous voir répéter, et on a passé du temps ensemble, à travailler les morceaux bien sûr mais aussi à parler de plein d’autres choses. Je pense qu’il a très bien compris qui on était, comment on fonctionnait et il a su le mettre en musique et en tirer le meilleur. On l’a laissé faire, à 100 %. C’est la première fois qu’on ne s’occupe absolument pas de la prod ou du mixage.

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Est-ce qu’il y a eu en studio un moment où vous vous êtes dit : " Là, on tient vraiment le son du disque " ?
Pas vraiment, ici les gens ont tendance à voir le studio comme une chose un peu mystérieuse, technique, mais là-bas c’était simple, évident. On s’est branché, on a fait quelques réglages et tout de suite ça sonnait. Bien sûr, le mixage et le mastering ont rajouté le petit truc mais le son était là dès le départ.

Enregistrer entre Londres et Birmingham, ce n’est pas neutre symboliquement pour un groupe de heavy rock. Est-ce que ces lieux ont nourri l’ambiance de l’album, ou est-ce qu’au fond, le vrai territoire de 7 WEEKS reste Limoges ?
Nous sommes des Français, de province, c’est indéniable culturellement et dans notre manière d’être, mais on a tous grandi avec les groupes anglais (LED ZEPPELIN, BLACK SABBATH, MOTÖRHEAD, THE WHO, IRON MAIDEN, THE BEATLES, THE ROLLING STONES, PINK FLOYD, THE KINKS, SEX PISTOLS… tout le monde connaît la liste, elle est infinie !), donc ils font partie de nous. Forcément, il y a un attachement et une symbolique énorme à enregistrer en Angleterre, c’est ce qu’on voulait. On aurait pu faire venir Adrian en France mais quel intérêt ? On voulait aller en terre sainte ;) Surtout qu’on a joué de nombreuses fois au Royaume-Uni et que c’est un endroit où tu peux aller au pub parler de DEEP PURPLE avec des vieux autour d’une pinte, c’est plus rare en France…

Vous avez construit votre histoire loin des grands circuits industriels, sur votre propre label, F2M PLANET. Est-ce que cette indépendance est encore vécue comme une liberté totale, ou parfois comme une charge à porter ?
Les deux, on a choisi d’abord cette voie par immédiateté, on gérait tout nous-mêmes et on faisait à notre rythme. C’est une liberté absolue d’action et de décision. Aujourd’hui, la polarisation du milieu s’accentue et c’est devenu un vrai choix de vie mais aussi une conviction, car le système se fait de plus en plus hostile si on décide de ne pas s’y conformer.

Il y a chez 7 WEEKS une forme de fidélité à une trajectoire artisanale, presque obstinée. Est-ce que vous avez parfois eu l’impression de payer cher cette indépendance, ou au contraire de lui devoir votre identité ?
Sûrement, mais on est en accord avec nos convictions et nos comportements. Si on devait recommencer, on referait ce choix… avec peut-être quelques ajustements sur certaines personnes rencontrées ;)

La presse spécialisée vous suit depuis longtemps, parfois avec de vraies marques de reconnaissance. Est-ce que ces soutiens ont changé le regard que vous portez sur votre propre parcours ?
Pas vraiment, ça permet de se dire qu’on a réussi à transmettre quelque chose. Ça sonne un peu cliché mais on fait ça d’abord pour nous-mêmes et tant mieux si des gens reconnaissent le travail et la musique que l’on fournit.

Votre discographie est assez variée, mais elle garde une colonne vertébrale très identifiable. Avec le recul, quel album vous paraît le plus important pour comprendre ce que 7 WEEKS est devenu aujourd’hui ?
C’est le tout, il n’y a pas d’étape charnière, juste un long cheminement, conditionné par les changements de formations. " Fade Into Blurred Lines " (2023) est le disque qui, tout en abordant l’enregistrement d’une manière très live et organique, fige le groupe dans sa mue finale la plus arrangée (avec notamment les versions réinterprétées avec des musiciens classiques : " 7WEEKS & 1001 Notes " en 2025) mais c’est seulement en écrivant " Going Back Home " qu’on s’est rendu compte de ça. On était revenu à ce qui nous pousse depuis le départ, un rock heavy simple, puissant, qui porte des chansons.

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La scène a toujours été un élément central de votre ADN. Quand vous composez, est-ce que vous pensez déjà à la manière dont les morceaux vont respirer face au public ?
Ça a été un des leitmotivs de composition, penser les morceaux pour la scène, des titres catchy, sans développement progressif comme on a pu souvent le faire.

Le Hellfest 2024 sur la Mainstage, c’est forcément une image forte dans l’histoire d’un groupe indépendant français. Qu’est-ce qu’il reste de ce moment une fois l’adrénaline retombée ?
Une scène gigantesque ! C’est vraiment énorme, c’est un souvenir fort mais on adore un club ou un festival à taille " réduite ", il y a plus de proximité avec les gens. Si " Going Back Home " devait être écouté dans des conditions idéales, vous l’imagineriez comment : très fort en voiture, au casque dans la nuit, ou en live, directement dans les côtes ? Fort en voiture, très fort en live ou très, très fort dans notre local de répète ;)

Le FURIOS FEST est encore un jeune festival, mais il a déjà une vraie personnalité, avec ce mélange de passion locale, de metal fédérateur et de territoire à défendre. Vous connaissiez déjà l’événement avant d’y être invités ?
Bien sûr, on avait rencontré Christophe qui était venu nous voir jouer à la Coopérative de Mai à Clermont.

Pour un festival comme le FURIOS FEST, à taille humaine mais avec une vraie ferveur rock et metal, est-ce que vous adaptez votre setlist pour aller chercher quelque chose de plus immédiat, plus physique, plus "droit au buffet" ?
Notre setlist change surtout suivant la longueur du set, pas vraiment en fonction de l’endroit ou du public.

Le Cantal a enfin son festival metal, et il le revendique avec panache. Pour entrer pleinement dans l’esprit local, il va falloir trancher une question dangereuse : vous êtes plutôt aligot, plutôt truffade, ou diplomates jusqu’à la lâcheté ?
Alors je connais très bien la région et sa gastronomie et sans détour c’est truffade !

Pour finir, il y a toujours une question qu’on oublie de poser, celle qui ouvre parfois la meilleure réponse. Quelle est la question que vous auriez aimé entendre aujourd’hui, et qu’auriez-vous envie d’y répondre ?
Ça me semble assez complet et intéressant, je ne pense pas à d’autre question, mais on sera au merch après le concert et si quelqu’un veut nous en poser ce sera avec plaisir.