Interview réalisée par Djaycee par mail au mois de Juin 2026.
Depuis ses débuts, NAWAKPOSSE accompagne le FURIOS FEST en partenaire fidèle, avec cette même envie de défendre une scène rock et métal vivante, diverse et passionnée. Pour cette nouvelle édition, nous nous sommes lancé un défi un peu fou, mais parfaitement raisonnable pour des gens qui considèrent qu’un mur d’amplis est une preuve d’équilibre mental : proposer une interview à tous les groupes de l’affiche. L’idée est simple : donner la parole aux artistes, mettre en lumière leurs parcours, leurs actualités, leur rapport à la scène, et faire monter tranquillement la température avant de se retrouver dans le Cantal. On poursuit donc cette série avec WHITE SOFA, afin de préparer les cervicales autant que les esprits. WHITE SOFA est né à Tours en 2016 avec cette envie de mêler rock, métal industriel, énergie nu-métal 2000’s, groove et électronique. À quel moment avez-vous senti que ce mélange devenait votre identité, et pas seulement une addition d’influences ? Dès le départ ! On a commencé à injecter toutes nos influences dans le shaker et la fusion s'est faite ultra naturellement. Le mélange s'est révélé super cohérent, même si, évidemment, le style de WHITE SOFA continue d'évoluer au fil du temps. Votre nom évoque quelque chose de presque clinique, très visuel, alors que votre musique part plutôt du côté du choc électrique, du riff qui cogne et de la tension moderne. Qu’est-ce que " WHITE SOFA " raconte de votre univers ? C’est pile ça ! Le nom du groupe a un côté très " psychiatrique ". Pour nous, composer, répéter et monter sur scène, c'est l'équivalent d'une grosse séance de thérapie où on décharge toute notre énergie et nos mauvaises ondes. On lâche tout, et franchement, ça fait un bien fou ! WHITE SOFA mise beaucoup sur l’impact vocal, entre énergie frontale, accroche et tension indus. Aujourd’hui, comment travaillez-vous la voix pour qu’elle reste à la fois porteuse du texte, moteur rythmique et point d’ancrage dans le chaos des machines ? On n'a pas vraiment de recette magique pour poser la voix, elle débarque souvent une fois que le morceau est déjà bien carré. Parfois le texte est écrit en amont, parfois c’est la musique qui l’inspire. Le vrai casse-tête, c’est plutôt de choisir entre le français et l’anglais. On teste, on compare... C'est dur de trancher parce qu'on kiffe vraiment les deux langues ! Votre musique s’appuie sur des riffs qui cognent, des samples, des effets de synthé et une dynamique très directe. Quand vous composez, qu’est-ce qui vient en premier : le groove, le riff, la machine, le texte, ou l’envie de faire exploser le morceau en live ? La plupart du temps, la machine démarre par le trio instrumental (guitare, basse, batterie). Le chant vient se poser là-dessus, et on termine en saupoudrant le tout avec les samples. Plus le groupe avance, plus on compose avec une obsession : que les morceaux soient de véritables machines taillées pour le live. On vous rapproche assez naturellement de MASS HYSTERIA pour le côté métal indus français, l’énergie frontale et l’usage du français. Mais WHITE SOFA a développé sa propre manière de faire respirer les samples, les synthés et les guitares. Comment assumez-vous cette filiation sans vous laisser enfermer dedans ? Honnêtement, on ne calcule pas trop quand on compose, on se laisse juste porter par l’énergie du morceau. Après, on ne va pas se mentir : MASS HYSTERIA était une grosse influence à nos débuts. Mais avec le temps, j'ai l'impression qu'on s'en détache de plus pour aller sur un style plus personnel. Vos textes explorent les dérives du monde moderne, avec une volonté de faire réfléchir sans couper l’envie de headbanger. Comment trouvez-vous le bon équilibre entre le propos, la colère, le groove et l’efficacité immédiate ? C’est vrai que pas mal de dérives de la société actuelle nous touchent ou nous dépassent complètement. Mais le but premier de WHITE SOFA, c’est d'envoyer du gros son et de faire passer un putain de bon moment à ceux qui nous écoutent. On n'a aucune vocation à devenir un groupe politique ou donneur de leçons. Après un premier EP éponyme, puis l’album " A Bout De Fil " en 2020, WHITE SOFA a sorti l’EP " Avide " en mars 2025. Qu’est-ce que ce nouveau format raconte de l’évolution du groupe depuis l’album ? On va droit au but ! On a eu envie d'aller vers des structures plus directes et plus " efficaces ", si on peut dire ça comme ça. ;) Le tout, bien sûr, en gardant ces samples qui font l'ADN de notre musique. " A Bout De Fil " contenait des titres comme " Catharsis ", " Démasqué ", " Sursis ", " Instinct De Survie ", " Denial ", " Le Bal Des Vautours ", " I Don’t Care ", " A Bout De Fil ", " Empty Maze ", " Ennemi " ou " Funambulle ". Avec le recul, est-ce que cet album reste une base de votre son actuel, ou plutôt la photographie d’un moment précis du groupe ? On le voit plutôt comme la photographie d'un instant T. La musique de WHITE SOFA a énormément évolué depuis 2020. Mais attention, on ne renie absolument pas notre passé, la preuve : on prend toujours un plaisir monstre à jouer des morceaux de cet album sur scène ! " Avide " arrive cinq ans après " A Bout De Fil ". Ce temps long vous a-t-il permis de durcir le propos, d’affiner le son, ou de remettre à plat ce que WHITE SOFA devait devenir ? C’est tout à fait ça... Un joyeux combo des trois ! Le titre " Avide " porte déjà une tension forte : désir, manque, appétit, excès, frustration. Qu’est-ce que ce mot dit de l’état d’esprit du groupe au moment de sortir cet EP ? Comme tu le disais, ça faisait un moment qu’on n'avait rien sorti et on avait les crocs ! Reprendre le chemin de la scène nous manquait terriblement. ;) On était habités par un désir presque violent de composer, de jouer et de repartir sur la route. WHITE SOFA a toujours joué avec les langues et les textures vocales, entre français, anglais, tension rythmique et impact du phrasé. Aujourd’hui, comment choisissez-vous la langue d’un morceau : pour le sens, pour le son, pour l’énergie du refrain, ou parce que le titre impose naturellement sa couleur ? Je trouve que le morceau impose de lui-même sa couleur. Même si j’essaie toujours le français en premier parce que c’est notre langue maternelle et que c’est quand même plus simple pour glisser des jeux de mots ce n'est pas toujours évident sur toutes les compos. Le feeling l'emporte ! Dans votre musique, les machines ne servent pas uniquement à décorer les riffs : elles participent à la tension, à l’ambiance et au mouvement. Comment dosez-vous l’électronique pour qu’elle reste organique et ne prenne jamais le dessus sur l’impact rock/métal ? Les samples interviennent généralement en fin de course, une fois que la section guitare/basse/batterie est bien solide. Ils viennent enrichir le morceau. Parfois, il faut d'ailleurs qu'on se retienne d'en foutre partout, parce qu'à la base, on fait quand même du Rock ![]() Avec " A Bout De Fil ", WHITE SOFA posait déjà un son très produit, riche en détails, où les machines, les samples et les guitares ne se marchaient pas dessus mais se répondaient. Sur " Avide ", avez-vous voulu pousser cette précision encore plus loin, ou retrouver quelque chose de plus brut, plus immédiat, plus proche de l’impact live ? C'est exactement ça, on a cherché l'impact direct, et on va clairement continuer dans cette optique très axée " live ". Pour l'anecdote, c’est moi-même qui ai produit l’EP, et le tout a été sublimé par le mastering de Thibaut Chaumont. Vous revenez avec un show renouvelé et un EP récent à défendre. Après plusieurs années de parcours, de scène et de travail, qu’est-ce que WHITE SOFA veut affirmer aujourd’hui avec " Avide " ? On ne va pas se cacher : l'objectif d'ici les deux prochaines années, c'est de passer à la vitesse supérieure et d'aller s'installer parmi les groupes incontournables de la scène hexagonale. La route est encore longue, mais on a la dalle et on ne lâchera rien ! On aimerait vraiment trouver un booker qui nous prendrait sous son aile. Sur scène, votre musique appelle clairement le mouvement, le volume et la sueur. Le live est-il pour vous le vrai laboratoire du groupe, l’endroit où les machines, les riffs et la voix prennent enfin toute leur dimension ? En tout cas, c’est là qu’on prend le plus notre pied ! Voir le public partir dans tous les sens et transpirer avec nous, c'est le meilleur carburant possible. Vous allez jouer au FURIOS FEST. Connaissiez-vous déjà le festival, son ambiance et son public, ou est-ce une nouvelle scène à conquérir pour WHITE SOFA ? Bien sûr qu'on connaissait de nom ! On le voit grandir et évoluer d’année en année, et c’est vraiment un kiff de voir cette progression. On n’avait pas encore eu l’occasion d’y poser nos valises, donc pour nous, c’est clairement un nouveau public à conquérir. On espère bien les embarquer dans notre univers ! Pour un festival comme le FURIOS FEST, comment préparez-vous votre setlist ? Est-ce que "A vide " va occuper une place centrale, ou souhaitez-vous aussi garder un équilibre avec les titres de " A Bout De Fil " ? Notre dernier EP va clairement squatter le haut de l'affiche ! Et si tout se passe bien, on espère même pouvoir tester un tout nouveau morceau exclusif qui sortira prochainement sous forme de single... Le FURIOS FEST, c’est le Cantal, ses reliefs, son air qui réveille et ses plats capables de rivaliser avec une grosse rythmique industrielle. Si WHITE SOFA devait associer son univers à une image locale, vous partiriez plutôt sur une usine perdue dans les volcans, une truffade sous stroboscope, ou un canapé blanc posé au milieu d’un champ après l’apocalypse ? Sans hésiter : un canapé blanc posé au milieu d’un champ après l’apocalypse. Ça nous va comme un gant ! Pour finir, il y a toujours une question qu’on oublie de poser, celle qui ouvre parfois la meilleure réponse. Quelle est la question que vous auriez aimé entendre aujourd’hui, et qu’auriez-vous envie d’y répondre ? Peut-être tout simplement : " Comment vous vous sentez en ce moment ? ". Et j’aurais répondu : en pleine forme, survoltés et ultra-motivés à l'idée de reprendre la route ! Une belle tournée s’annonce pour 2026 et 2027, et on compte bien tout retourner sur notre passage. Merci beaucoup pour cette super interview et à très vite ! |