DISCOZERO - It was capitalism all along :
Ce qui saute aux oreilles avec ce premier album de DISCOZERO, c’est cette capacité à rendre les morceaux immédiatement accrocheurs sans les simplifier à l’excès. Les riffs sont secs, incisifs, pensés pour rester en tête, pendant que la rythmique maintient une dynamique constante. On retrouve par moments le sens du groove de QUEENS OF THE STONE AGE, la nervosité de ROYAL BLOOD ou encore l’urgence plus abrasive d’IDLES, sans que DISCOZERO ne s’enferme dans une seule direction.
Le disque joue aussi sur les formats pour éviter toute linéarité. " Get it! Get it! Get it! " fonctionne comme un bloc compact et immédiat, là où " Mary & Jesse & " s’étire davantage, avec quelque chose de plus massif dans sa construction, qui n’est pas sans rappeler certaines ambiances de RIVAL SONS. Ce contraste apporte du relief, même si l’ensemble manque parfois d’un véritable fil conducteur.
C’est dans son rapport au rythme que le groupe affirme le plus sa singularité.
Sans basculer complètement dans un registre dansant, DISCOZERO injecte régulièrement des motifs qui évoquent autant DEATH FROM ABOVE 1979 que des influences plus inattendues comme KOOL & THE GANG. " Do you Dance? " en est l’exemple le plus évident, en assumant pleinement cette ouverture sans perdre en cohérence. " Coffee. Drive. " apporte une respiration plus retenue, presque introspective, tandis que " Oh my gof (it’s still alive) " se montre plus libre dans sa structure, avec un côté imprévisible qui évoque par moments l’approche hybride de Saul Williams.
Tout n’est pas encore irréprochable pour autant. Certaines transitions manquent de liant je trouve et l’album donne parfois l’impression d’enchaîner les idées plutôt que de les faire réellement converger. Ces petites dispersions empêchent le disque de gagner en cohérence sur la durée. Mais en contrepartie, il y a une vraie sincérité dans l’exécution. Le son reste brut, pas totalement lissé, avec des aspérités qui jouent en sa faveur. Rien n’est surproduit, et c’est précisément ce qui donne au disque tout son relief.
Au final, " It was capitalism all along " tient surtout par son énergie et sa capacité à rester en mouvement. DISCOZERO ne cherche pas la démonstration, mais l’efficacité, avec suffisamment de personnalité pour éviter l’anonymat. Un premier album encore perfectible, mais déjà solide et très prometteur !

(Chronique réalisée par JT)


Date de sortie: 10 avril 2026
Label/Distributeur: Autoproduction
Site Web: https://linktr.ee/DISCOZERO
Discozero

1. Joy & Fire
2. And Again
3. Get it! Get it! Get it!
4. Forgive Forward
5. Mary & Jesse &
6. Oh my gof (it's still alive)
7. Coffee. Drive.
8. Do you Dance?