Interview réalisée par DamDam au Motocultor 2026 avec Gérard Baste.
Le Motocultor Festival c’est bon enfant, c’est familial ! Idéal pour y interviewer Gérard Baste, le prince de la vigne, venu avec son crew de sales gosses : Svinkels Family & Friends.J’ai donc fini mon pâté et poser mon gobelet en plastique afin de tailler le bout de gras avec Gégé sur le futur projet Vin d’honneur, son regard sur le rap actuel et ce qui fait que les Svinks ne savent pas s’arrêter. Et quelque soient les accidents de parcours, SVINKELS pour toujours ! Comme le dit votre titre " Ca re-recommence ", qu’est-ce qui vous a donné envie de re-revenir après la tournée en hommage à Nikus ? Gérard Baste : En fait, je crois qu’on ne sait pas du tout s’arrêter. Déjà c’est notre métier, c’est notre travail (rires), on a des responsabilités à assumer. Et puis tant qu’on a envie, on a envie d’y aller, en tout cas moi j’ai encore assez envie. Après avoir fait cette tournée hommage à Nikus, on a créé ce petit noyau autour de nous, cette petite famille Family & Friends, tout le monde était chaud de continuer, et dans ce cas-là continuons ! En faisant cette tournée hommage, on s’est dit qu’on allait continuer à tourner, plus en mode hommage bien qu’évidemment il y a toujours ce côté un petit peu…on a perdu un des soldats, donc on continue d’y faire encore allusion mais ça ne tourne pas qu’autour de ça et tout le monde s’amuse à le faire. On a vraiment un noyau dur avec Deadi, Yoshi, Dabaaz de TRIPTIK, Sans Nom avec des fois d’autres gars périphériques selon les endroits. Dès que je suis dans le 95 j’ai Tony d’ENHANCER qui est toujours là. Si je vais vers Carhaix j’aurai Erwan de JAVA. En fait ça re-recommence , ce serait bien que ça s’arrê-rête un petit peu plutôt. Mais pas pour l’instant ! Le choix des membres s’est fait naturellement pour la Family, tu en parlais, est-ce que d’autres membres viendraient potentiellement agrandir la famille sur le long terme ? Gérard Baste : En vrai, on a pris ceux qu’on voulait, c’est-à-dire ceux qu’on sentait les plus proches. A dire vrai ce sera peut-être l’objet d’une question qui vient après mais autour de cette tournée " Vin d’honneur ", on a un projet qui s’appelle " Vin d’honneur ", un album tribute et on reprend nos titres avec nos proches. Bah en fait c’est ces mecs-là, tout ceux qu’on a voulu sur ce disque c’est les gens avec qui on a collaboré. On n’est pas allé chercher des inconnus, donc sur l’album t’auras des MATMATAH, des ENHANCER évidemment. J’avais commencé à réfléchir à des gars qui auraient pu nous apporter du buzz, dans cette société qui en demande tout le temps. Et en fait non, quelqu’un qui est loin du truc il n’aura pas le même cœur à faire ça. Nous c’est un peu cucul, mais on est un groupe qui fonctionne grave à l’affect, avec du cœur tout simplement. Donc si ce ne sont pas des amis, des proches qui eux aussi en avaient envie et se sentaient proches de nous. Il faut que ça marche dans les deux sens, c’est le consentement c’est ça ? (Rires) Quel est le ciment pour se retrouver avec une famille aussi atypique ? Gérard Baste : Je crois que le ciment c’est l’ADN de SVINKELS, parce qu’on a commencé à faire des chansons qui parlaient de ce qu’on vivait, ou de ce que vivaient nos proches. Les gens se sont reconnus dedans, notre génération et pas seulement, y’a aussi des plus jeunes. Qui se retrouvent dans cette espèce de truc autour de la fête, ce truc festif. Moi j’ai arrêté de picoler il y a 3 ans, mais c’est des titres que je porte en moi. Quand j’ai arrêté de boire de l’alcool, je me suis rendu compte que tous mes projets tournaient autour de ça. (Rires) Je voulais faire une chaine Youtube de bouffe avec de l’alcool, je voulais déposer ma marque de bière, je l’ai pas fait mais tous mes projets tournaient autour de ça. Tout le monde dans l’équipe n’est pas non plus des gros fêtards, certains le sont…mais il y a aussi cet amour de la musique et du rap qui nous lie. Moi à la base je viens du hip hop, c’est le mouvement qui a changé ma vie, et même si je me le suis approprié à ma manière, c’est un truc que je continue à défendre. Un mec comme Deadi par exemple, se réclame plus du mouvement rap traditionnel, il se reconnait totalement dans ce qu’on fait, dans nos jeux de mots, notre écriture. Je trouve qu’il a vraiment une pate SVINKELS dans son flow, il s’intègre vraiment bien au paysage… Gérard Baste : Bah ouai, et pourtant on aurait pu croire que c’était assez éloigné. C’est un mec qui vient des quartiers mais qui a cet amour de la rime, de la technique qu’on a aussi. J’avais eu l’occasion d’échanger avec lui au Feux de l’été (Festival en Vendée), il est vraiment impressionnant sur scène… Gérard Baste : Il est génial, on est trop content de l’avoir. ![]() Quand tu t’es lancé dans le rap, comment ta famille a réagi ? Gérard Baste : C’est hyper drôle comme question, parce qu’autant ça faisait un moment qu’il voyait bien que je m’étais mis dans le hip-hop et dans le graffiti. Ce qui est encore pire, parce que vraiment c’est gratuit ! Tu paies du matos et tu vas faire des grafs. Pas forcément légal en plus ! Gérard Baste : Pas légal ! Donc ils sont venus me chercher au commissariat quelques fois. Donc finalement la musique, mon père, qui n’est plus de ce monde, avait un groupe country quand j’étais gamin. J’ai toujours baigné dans les guitares, les harmonies, j’avais vraiment une ambiance musicale à la maison, donc il ne voyait pas ça d’un mauvais œil. Par contre ce qui est marrant, c’est que les paroles étaient dès le départ assez franches du collier, il y avait pleins de trucs comme avant de faire les SVINKELS, je n’osais pas fumer une clope devant mes parents Après le premier disque où je parle de prendre des acides, ils ont fait bon d’accord. Et là les langues se sont déliées ! Mon père m’a fait " bah tu sais ce soir là j’étais sous mescaline sur les toits de Paris ". Le fruit tombe jamais bien loin de l’arbre ! Je pense qu’ils n’y croyaient qu’à moitié, et puis t’as des marqueurs. Un jour, il y a ton nom en grandes lettres rouge à l’Olympia où tu invites tes parents, ils se sont dits je crois qu’il ne s’est pas planté. Tu es papa, qu’est-ce qu’il en pense ton fils ? Le fait d’être dans le rap, comment il voit ça ? Gérard Baste : Quand il était petit, il ne calculait pas trop. Il venait aux concerts, normal quoi. Après il a commencé à avoir un peu honte, " ton rap là, t’as 50 ans avec tes chansons toutes pourraves et tout ". Finalement il s’est rendu compte qu’il y avait tellement de fans, même dans ses potes, et parents de ses potes, qu’aujourd’hui il est très fier. J’habite dans un petit village où je suis connu comme le loup blanc, il a demandé 11 t-shirts SVINKELS pour le tournoi de foot. Lui-même fait du rap maintenant, il a 15 ans et il fait ça pas que pour le loisir j’ai l’impression. Il prendrait le même chemin que toi ? Gérard Baste : Je ne pense pas en faire sa vie, mais il fait des trucs, il s’amuse bien à le faire et d’ailleurs à mon grand dam, parce que ma chérie Adeline a un home-studio donc c’est elle qui enregistre mes morceaux. Mais depuis que Mario fait du rap, c’est lui qui squatte le studio et m’empêche tout le temps de faire mes trucs. 30 ans de carrière, comment entretient-on une telle longévité, et est-ce que comme le bon vin tu t’es bonifié ? Gérard Baste : Ce ne serait pas à moi de le dire mais je crois qu’il y a un peu de ça. Quoi que là, le vin commence à avoir un petit dépôt. (Rires) On n’est pas loin que ça tourne un petit peu quand même parce qu’on commence à accuser le poids des années. Mais comme je te disais au début de l’interview, on a vraiment un amour de ça, y’a deux ou trois ans je me disais que j’en avais marre…et puis y’a eu une vague de rap un peu " adulte " en France et aux USA, je me suis dit que j’aimais trop ça. Le fait d’aimer ce que tu fais, ça te porte. Et je continue d’être comme un gamin à écrire mes nouveaux textes, je suis un peu tout seul dans mon monde à me dire " Putain j’ai écrit un truc là, vous ne vous rendez même pas compte, c’est une dinguerie ! " J’écris des trucs, un peu technique débile, j’écoute des rappeurs de 25 ans, je leur écris des mots sur Instagram en disant que j’aime bien ce qu’ils font. On a une chance aussi avec SVINKELS, et qui fait cette longévité, on en parlait, on a toujours envie de le faire et les gens ont toujours envie de nous entendre. Mais souvent c’est un peu les mêmes, ils ne nous ont pas vraiment lâchés, cet échange-là fait qu’on a construit une communauté à qui on donne le maximum et elle nous le rend très très bien. Quel regard portes-tu sur le rap actuel ? Gérard Baste : Elle est protéiforme aujourd’hui. Il y a pleins d’aspects même dans le rap français, international, américain et anglais. Moi je me reconnais dans toute une partie de ce truc-là. Il y a pleins de courants qui ne me parlent pas, voire pas du tout mais c’est très bien qu’ils existent, ça ne me dérange pas. S’il y a un public pour ça, tant mieux. Tu arrives encore à trouver de l’inspiration dans ce qui se fait actuellement ? Gérard Baste : Je ne dirai pas de l’inspiration mais en tout cas ça me réconforte. Ça me conforte aussi dans l’idée qu’aujourd’hui il y a vraiment une scène adulte qui s’est développée. Il y a un moment où on se dit " On est trop vieux pour ça ! " et en fait non, parce que les jeunes écoutent du rap de jeunes mais, je le vois aussi avec mon gamin qui a 15 ans, il va écouter autant des trucs de jeunes qu’un MF Doom, un Eminem en rap américain. Il va me demander " tiens, tu connais quoi comme classiques de ce mec-là ? ", puis il va me faire découvrir un truc et on va tomber d’accord tous les deux sur un jeune comme Jungle Jack. Il y a une scène aux Etats-unis qui est arrivée avec un groupe qui s’appelle GRISELDA qui a repris un peu les codes du WU-TANG. Il y a des groupes qui sont tournés vers l’avenir, tout en étant ancrés dans le passé, et le rap que j’aime c’est celui des années 90. Dans la trempe des BEASTIE BOYS… Gérard Baste : Ouai mais plus rap genre Redman, le WU-TANG. J’ai un amour de fou pour ce groupe, que je continue à avoir. Evidemment qu’on est proche de CYPRESS HILL et des BEASTIE BOYS mais ce n’est pas ce que j’écoute le plus en rap. J’écoute du rap des années 90/2000 assez pointu, actuellement il y a encore une scène qui continue à exister. Les beatmakers continuent à faire des sons, Jay-Z et Nas en sont à leur vingtième album avec toujours un gros niveau en rap, j’adore les écouter en me disant " tiens qu’est-ce qu’ils ont fait ? ", je n’aime pas tout mais c’est un sport intellectuel, ça peut se pratiquer tard ! J’adore cette musique, alors il y a eu des hauts et des bas. Tu sais des gens qui s’y intéressent, ils voient bien, ce n’est pas parce que Jul et Soprano cartonnent, Soprano que j’aime beaucoup d’ailleurs les Psy4 de la rime c’était un super groupe, mais aujourd’hui il y en a pour tout le monde. C’est-à-dire que si tu es adulte que tu veux du rap pas con, même intelligent bon c’est pas chez nous ça (rires) mais il y en a ! Si tu veux du rap débile qui parle de moto et de scooter en roue arrière, il y en a aussi pour tout le monde. Moi j’y trouve toujours mon compte. Qu’est-ce qui fait que l’on retrouve les SVINKELS sur une affiche comme le Motocultor ou le Hellfest ? Gérard Baste : Je pense que le ticket d’entrée ça a été " Réveille le punk ", c’est un morceau qu’on a voulu au début, qui n’est pas un morceau rock, plus sur un beat de piano un peu à la WU-TANG. Moi j’ai fréquenté un peu des punks, et Xavier lui gravitait pas mal dans le milieu punk quand il était jeune. Pour moi c’était un clin d’œil, ce truc de " on est des rappeurs mais on est punk ". En vrai, on est peut-être un peu punk, on a fait un peu n’importe quoi de 20 à 30 ans. On ne voulait pas faire un groupe de fusion, on voulait faire un groupe de rap. Je vais me répéter en prenant le WU-TANG en exemple mais WU-TANG le concept c’est Shaolin/Kung-Fu. Bah SVINKELS c’est du hip hop mais avec un concept de rock, on portait des têtes de mort et des perfectos avant que ce soit la mode des rockstars dans le rap. Ça nous a ouvert la porte du milieu punk/métal, créant un échange, et la communauté s’est construit autour de ça. SVINKELS ça a souvent été mal compris, parce qu’on a un peu le cul entre deux chaises. On n’a pas été rejeté par le rap mais on a jamais vraiment été dans le rap game, alors qu’on aurait voulu ! Les métalleux et les punks nous ont ouvert les bras, on y est allé. On a attrapé deux, trois maladies au passage peut-être, je ne sais pas ! (rires) On parlait de vos collab’ avec des groupes rock et métal tout à l’heure.Tu serais tenté d’en faire avec des groupes que tu ne connais pas forcément, en dehors du cercle de potes, comme vous avez pu faire avec PARABELLUM par le passé ? Gérard Baste : C’est vrai que PARABELLUM on ne les connaissais pas trop, c’est eux qui nous avaient appelé. Généralement quand on nous appelle, on a tendance à dire oui. Moi j’ai du mal à dire non en règle générale. Je suis assez partant pour toutes les aventures. Je suis ravi qu’on m’appelle et qu’on me demande de faire un truc. Les seuls gars à qui je dis non, c’est genre des psychopathes/schizophrènes, je me dis bon lui je vais l’enlever il m’a l’air dangereux. T’en as tant que ça ? Gérard Baste : Ah tous les jours, toutes les semaines ! Je me dis oulah, lui je vais le bloquer parce que je le sens pas bien ! Mais c’est vrai qu’on aime bien collaborer avec notre noyau et on pas encore collaborer avec tous les gens qui sont autour de nous. On prépare le projet " Vin d’honneur " où on reprend nos titres avec des groupes. Donc sur l’album tu auras nos potes rappeurs, surement ENHANCER, LOFOFORA avec qui on a déjà joué mais on n’a pas de titre ensemble. MATMATAH qui nous ont beaucoup aidé quand on était gamins. L’idée c’est de bosser avec les groupes qu’on connait et qu’on aime bien. Des fois je vois des choses hyper biens mais je n’ai pas forcément envie de bosser avec eux, déjà j’écoute pas énormément de rock. Ma chérie me fait découvrir pas mal de trucs, je me dis " ah ça c’est bien ! »"mais je ne me vois pas forcément les appeler. Malgré tout, y’a un mec avec qui j’ai vachement envie de bosser qui s’appelle Frédéric Leclercq qui a joué avec LOUDBLAST et qui vient de faire toute la tournée de KREATOR. On s’est croisé pas mal de fois, il est assez fan de ce qu’on fait. C’est un super mec et j’aimerai beaucoup faire un morceau avec lui. Il a un projet qui s’appelle SINSANEUM avec le chanteur de LOUDBLAST, son projet est mortel. Il arrête LOUDBLAST, mais il continue ses trucs et j’aimerai vraiment faire quelque chose avec lui. Quels critères permettent d’obtenir sa carte de membre au Svink ? Gérard Baste : Je vais te donner une anecdote assez marrante, tu sais il y a la Zulu Nation qui a été créée par AFRIKA BAMBAATAA dans les années 70 avant qu’on sache les anecdotes sordides autour de ça. C’était plus ou moins une secte non ? Gérard Baste : Oui, il y a eu des problèmes d’agressions sexuelles et tout ça. Au-delà de ça, ce mec crée la Zulu nation, chose qui nous tenait particulièrement à cœur quand on était jeunes. J’avais envie d’être Zulu moi ! Un jour je fais un concert avec lui, et Dee Nasty, c’était trop bien. Et puis je vais voir Bambaataa et je lui fais " Mec, comment on fait pour être zulu ? " Il me dit " bah si tu veux être zulu, t’es zulu ! " Je lui fais " ah bon, donc je suis Zulu là ? " il me fait " ouai t’es zulu ! ". Donc j’ai envie de dire si tu te sens SVINKELS, c’est que t’es SVINKELS ! Comme disait Lemmy de MOTORHEAD, si t’es trop vieux pour le rock’n’roll c’est que tu l’es ! Quelque part, les gens sont venus à nous parce qu’ils se sont reconnus dans nos paroles, parce qu’on parle exactement des choses qu’ils vivent. Il y a un critère un peu con dans le rap, c’est de parler un peu de ce que tu vis, de représenter pour les gens qui sont autour de toi. Du coup, les gens autour de nous, comme nous, ils faisaient les cons, ils sortaient et prenaient des substances diverses et variées. Ça buvait de l’alcool, ça mange de bons trucs. Après les critères, des fois avec les années, quand on va poster un morceau un peu anti-raciste ou antifa sur les bords, on a quand même des accointances avec les gens dans ce milieu-là. Il y a quand même une partie du public qui a vieilli et qui nous dit " ouais vous en êtes encore là les mecs ?! ". Bah ouais on en est encore là ! Si vous en êtes encore là, c’est qu’il y a encore matière à faire. Gérard Baste : Ouais il y a encore à faire ! Je suis obligé de donner des exemples en disant que la culture est toujours un peu en danger avec certains partis. L’ouverture d’esprit avant tout c’est important et je pense que c’est le critère numéro un pour avoir la carte de membre. Si le guide Michelin t’appelle pour faire un guide sur le Dirty Centre, comment tu vendrais le projet ? Gérard Baste : Ah putain, ce qui est dommage c’est qu’on a perdu Nico qui je pense était notre meilleur ambassadeur. Je continue à être assez gastronome… La Bonne Vivance ! Gérard Baste : Voilà la bonne vivance ! Je cuisine énormément, j’adore ça ! Mais le Dirty Centre y’a quand même un côté un peu fast food, ils auraient peut-être du mal à distribuer les fameuses trois étoiles qui nous représentent. Ce ne serait pas évident, mais Dirty Centre c’est un mélange…tu sais les sommeliers qui bossent des années dans le vin, ils te parlent jamais de l’ivresse mais la moitié des gens qui boivent du vin c’est pour être bourrés. Tu vois dans le Dirty Centre, les sommeliers parleraient de l’ivresse. (Rires) C’est important, il n’y a pas que le gout. Si t’es capable de ramasser un sandwich américain par terre en sortie de boite de nuit et de le bouffer, et le lendemain d’être dans un bon resto bistronomique, c’est l’esprit Dirty Centre. ![]() Est-ce qu’il y a des punchlines dont tu es assez fier, et d’autre que tu regrettes ou dont tu as honte ? Gérard Baste : Dont je suis fier, il y en a quand même un paquet. Généralement, je donne plutôt celle des autres, surtout Nikus qui avait une belle écriture. Des fois, j’ai compris des trucs des années après, l’autre fois j’en ai compris une, un truc débile. Je me suis dit, il est débile ce mec, c’était un truc d’assurance, je l’ai oublié…je te la retrouve après l’interview. Bon après je connais mieux les miennes, j’aime bien " comme une vieille à la canicule, faut que je boive tout le temps ". Quand je l’ai trouvé je l’ai envoyé à Seth Gueko en DM. Il m’a dit qu’elle était pas mal. J’en écris toute la journée que je note, pour pouvoir les utiliser plus tard. J’en trouve une par jour quasiment, des fois les bonnes punchlines c’est celle où tu sais que les gens, si tu as besoin de reprendre ton souffle, ils vont chanter les paroles. " Je suis l’hyperactif, le moins actif du monde ", c’est une des dernières. " je fais du rap de mongole, donc j’ai un petit truc en plus ". Qu’est-ce que tu préfères quand tu pars en tounée, qu’est-ce que tu aimes le moins ? Gérard Baste : On est quand même vieux, et c’est fatigant. Alors j’aime bien quand ce n’est pas loin ! (rires) C’est ce que je préfère. T’aimes bien l’ouest, j’ai remarqué… Gérard Baste : Depuis que j’habite en Bretagne, je privilégie les dates dans l’ouest. Mais des fois quand tu vas quelque part qui ne te parais pas loin, tu mets 5 heures ! L’autre fois, j’étais à Marennes-Oléron, j’accepte c’est pas loin, j’ai mis 8 heures ! Quand ça se passe bien, que c’est un bon délire, que t’es avec tes potes, que tu fais du rap, c’est la vie de rêve. Je le fais aujourd’hui, le moins possible. Je le fais juste ce qu’il faut pour continuer à exister, mais si je peux rester deux semaines pénard. Je prends aussi ! Après le fait de se retrouver avec la Family & Friends, il y a un petit côté colo. Je suis content de me remettre à la page, dans des discussions que je n’ai pas ailleurs. Quand tu sors plus tous les soirs, tu vois moins de gens… la musique c’est mon métier, mais c’est aussi mon activité principale en terme de sociabilisation. Le reste du temps, on est au village, on fait à manger, on se fait des bisous mais on ne fait pas grand-chose, on est pénard. Quand je rentre de concert, généralement je n’ai pas envie de faire plus, dans la semaine c’est mollo. C’est ma vie, mais 6 jours par mois. Pas une double vie, mais elle me va très bien comme ça ma vie de musicien. Je t’ai connu comme animateur sur Game One avec Johann (dans l’émission Level One), tu as encore le temps de jouer au jeux-vidéos ? Gérard Baste : Ouais, j’y joue parce que ça me détend. Je ne suis pas à fond…mais j’en parlais juste avant, beaucoup m’ont connu par Game One, c’est une chance de fou d’avoir rencontré Johann et de m’avoir donné l’occasion de travailler avec lui. C’est un mec incroyable, j’ai adoré bosser avec lui. On a quand même fait deux ans ensemble en étant payé à jouer au jeux-vidéos et à dire caca prout ! C’était un peu le rêve quoi ! Skateur Pro c’est cool mais c’est dangereux, là c’était safe et vraiment génial. Les jeux-vidéos c’est une partie de ma vie, ce n’est pas une passion dévorante mais ça reste un truc que j’aime bien faire. Je regarde toujours ce qui va sortir, il y a un ou deux jeux par an qui me tentent. Je ne suis pas un geek non plus…beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi je ne faisais pas de streaming. Je trouve ça trop compliqué techniquement et je ne sais pas le faire. Peut-être que si je mets le téléphone devant la télé et que je joue ça peut marcher ! Je le ferai peut-être un jour, ça concerne beaucoup de gens… le foot il a changé ! Même Game One sur la fin c’était devenu plus pointu, apparemment ça va revenir d’ailleurs…on demande aux gens d’être un peu plus calé, tout le monde s’y connait beaucoup avant on avait le droit de dire n’importe quoi, ce n’’était pas très grave. Les jeux-vidéos ça va, ce n’est pas de l’opéra non plus ! C’est fait pour s’amuser, c’est devenu un énorme truc économiquement. GTA ça fait trois ans qu’on l’attend, c’est un truc qui s’écoule à des milliards en jeux, ça devient un truc de fou. Jeux-vidéos j’aime bien, on regarde les teasers avec mon gamin. Bon je dis que je n’y joue pas beaucoup mais quand je tombe sur un jeu qui me plait, je passe deux semaines dessus à rien branler. Et c’est souvent que je suis bloqué deux semaines ! Pour conclure, si tu devais faire un Svinkfest, qui choisirais-tu en tête d’affiche ? Tout style confondu, vivant ou mort, full budget ! Gérard Baste : Ah c’est dur à dire, si je faisais un festival pour de vrai, j’inviterai mes copains avant tout. Mais un festival de mes rêves, y’aurait les BEASTIE BOYS, le WU-TANG que des groupes qui n’existent plus. De toute façon, toute la musique que j’écoute les mecs sont morts ou les groupes n’existent plus ! Mais régulièrement je découvre des trucs, récemment Adeline m’a fait découvrir VIANOVA qui est un groupe de métal breakcore complètement dingo, des mecs de Berlin sur le même label que LANDMVRKS. Ça ne décolle pas de ouf mais allez voir, les clips sont complètement dingues. Ça fait partie des groupes que j’aimerai bien voir, j’aime bien CASTLE RAT ça joue demain mais je ne peux pas y aller, je joue dans mon village et j’embarque DJ Pone ! Merci à toi ! Gérard Baste : Merci à toi ! ![]() |