Darken


Interview réalisée par Djaycee par mail au mois de Mai 2026.


Depuis ses débuts, NAWAKPOSSE accompagne le FURIOS FEST en partenaire fidèle, avec cette même envie de défendre une scène rock et métal vivante, diverse et passionnée. Pour cette nouvelle édition, nous nous sommes lancé un défi un peu fou, mais parfaitement raisonnable pour des gens qui considèrent qu’un mur d’amplis est une preuve d’équilibre mental : proposer une interview à tous les groupes de l’affiche. L’idée est simple : donner la parole aux artistes, mettre en lumière leurs parcours, leurs actualités, leur rapport à la scène, et faire monter tranquillement la température avant de se retrouver dans le Cantal.
On poursuit donc cette série avec DARKEN, afin de préparer les cervicales autant que les esprits
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Darken

DARKEN est un groupe à l'histoire longue, fondé en 1987, mais qui a choisi de se réinventer en 2022 avec un nouveau line-up et une direction artistique, visuelle et musicale repensée. Quand on revient ainsi au front, qu'est-ce qu'on garde de l'ADN d'origine, et qu'est-ce qu'on accepte de laisser derrière soi ?
Depuis le split du groupe en 1991, il y avait un goût d'inachevé, et c'est dans cet état d'esprit, entre autres, que Lorenzo a voulu relancer le projet. Nous sommes donc 3 sur 5 de cette première génération à avoir adhéré au retour du groupe, d'autant que notre amitié est restée intacte, tout s'est donc passé naturellement. Cependant après discussion, nous avons pris la décision de repartir d'une feuille blanche, afin de proposer une musique en adéquation avec notre évolution et notre vision de la musique aujourd'hui. Tout en gardant l'esprit DARKEN, et l'amour de notre groupe. Et sans pour autant renier ce que nous avons fait par le passé, mais c'était une autre époque.

Vous parlez aujourd'hui d'un métal alternatif moderne, avec des mélodies fortes, des voix accrocheuses, des chœurs puissants, de l'efficacité et du groove. Est-ce que cette formule est venue naturellement, ou avez-vous vraiment cherché à sculpter un son DARKEN version 2020 ?
Oui nous avions vraiment à cœur de faire une musique actuelle, toujours en lien avec notre évolution dans notre écoute. En partant d'une feuille blanche, nous avons dû chercher notre nouveau chemin, mais nous avons trouvé très rapidement notre orientation, de façon naturelle et toujours en lien avec l'esprit DARKEN.

Votre musique cherche un équilibre entre le sombre et le lumineux, entre les traumatismes individuels ou collectifs et un message d'espoir. Comment évite-t-on de tomber soit dans le plombant, soit dans le slogan trop facile ?
J'ai la chance dans le groupe en tant que chanteur d'avoir la liberté de choisir et d'écrire les textes et donc le thème de l'album. Il n'y a aucune volonté de slogan ou autre de ma part, mais une volonté de ressortir la lumière plutôt que l'ombre. " Welcome to the Dark " par le passé et " Welcome to the Ligh t" aujourd'hui. Dans l'écriture des textes nous partons en effet du côté sombre du sujet abordé mais pour aller vers une issue positive.

Vous évoquez des événements qui ont marqué le monde, mais aussi des sujets plus personnels. Chez DARKEN, est-ce que l'écriture part plutôt d'une colère, d'une blessure, d'une observation du monde, ou d'un besoin de transformation ?
C'est un ensemble de tout ce que tu présentes, et en lien avec une évolution en tant qu'homme au travers des expériences que nous avons traversées durant ces quelques décennies.

Vous avez une musique très directe, très construite autour de l'efficacité, mais sans renoncer aux mélodies ni aux chœurs. Est-ce que le groove est pour vous une manière de rendre le propos plus physique, presque immédiat ?
Oui bien sûr, c'est ce qui nous plaît aussi, et c'est top lorsque le public réagit à ce groove dans l'esprit où nous l'avons composé.

Dans DARKEN, on sent une vraie attention portée à l'image, à la direction artistique et à l'univers visuel. Est-ce que cette dimension est pensée comme un prolongement de la musique, ou comme une porte d'entrée pour le public ?
Lorenzo compose la musique et il est aussi infographiste alors on ne peut pas rêver mieux. Il a ce côté visuel incroyable, il sait parfaitement ce qu'il faut pour le groupe en tenant compte bien sûr de la volonté commune. Et c'est tout à fait ce que tu présentes dans la volonté de prolongement de la musique et l'accroche avec le public.

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On parle souvent de modernité dans le métal, parfois à tort et à travers. Pour vous, être un groupe moderne aujourd'hui, est-ce une question de son, de production, de méthode de travail, ou plutôt d'état d'esprit ?
Là encore c'est un peu tout à la fois, mais lorsque nous écrivons avec Lorenzo, nous sommes très critiques l'un envers l'autre pour obtenir ce que nous estimons être le meilleur et arriver à cette modernité. Et puis bien sûr nous avons l'approche et la vigilance de Liam, fils de Lorenzo et batteur du groupe, qui sait parfaitement nous dire si nous sommes dans la cible.

Votre méthode de composition est assez structurée, avec une base musicale construite en amont, puis un travail sur le chant, les arrangements, les mélodies et les structures. Est-ce que cette organisation vous permet de garder une direction claire tout en laissant de la place au collectif ?
Oui notre organisation est très claire, avec Lorenzo nous composons et proposons les titres. Puis arrive le collectif où chacun écrit pour son instrument. La finalisation se fait en répétition car c'est là que nous pouvons voir ce qui marche ou pas mais aussi améliorer l'ensemble si nous en sentons la nécessité.

DARKEN s'est reformé avec une ambition renouvelée, mais aussi avec l'expérience de musiciens qui savent ce qu'ils veulent. Est-ce que cette maturité change la manière de prendre des décisions, de trancher, de ne pas tout garder ?
Forcément cette maturité que tu évoques change beaucoup de choses. Nous savons ce qu'il faut faire ou pas. Nous nous connaissons bien, et les choses sont clairement définies. Notre force, c'est tout simplement de se dire les choses directement sans détour et dans le respect, pour obtenir le meilleur pour le groupe.

Vos chemins se sont séparés avec HP, et vous avez annoncé l'arrivée de Matt Lemonnier, notamment connu avec SUJIN, pour assurer la basse sur les dates 2026. Comment aborde-t-on ce type de transition humainement et musicalement dans un groupe qui avance avec une identité aussi marquée ?
Tout a été très simple et très rapide, lorsque Matt a appris que HP ne faisait plus partie du groupe, il s'est spontanément proposé de venir faire la basse au studio. Il avait entendu les démos du nouvel album et aimait cette nouvelle approche. Matt est un musicien très talentueux, il n'a eu aucune difficulté à s'adapter malgré le peu de temps pour apprendre les titres, et tout s'est merveilleusement passé en studio pour le plus grand plaisir de tout le monde... y compris Amaury. Idem pour les dates qu'il a faites avec le groupe, ce garçon est incroyablement sympa et on a l'impression qu'il est avec nous depuis tout le temps.

Vous avez annoncé de la nouveauté au cours de l'année, et l'on vous a vus en studio entre janvier et avril 2026, notamment à The Apiary Studio avec Amaury Sauvé. Sans vendre la mèche, dans quel état d'esprit êtes-vous entrés en studio cette fois-ci ?
C'était un nouveau challenge, et avec un changement de bassiste comme écrit avant. Mais nous avons mis tous les ingrédients nécessaires pour apporter le maximum à cette session. Une grande détermination.

The Apiary Studio, Amaury Sauvé, le mixage, les journées de travail qui s'enchaînent : on sent une vraie volonté de pousser le curseur. Qu'est-ce que cette collaboration vous a permis d'aller chercher dans le son de DARKEN ?
Nouvelle approche avec Amaury, nouvelle façon de travailler bien sûr, et comme tu l'écris nous avions à cœur de pousser le curseur. Nous ne voulions pas faire un " Welcome to the Light 2 ". Nous voulions aussi avoir une autre sonorité sur ce nouvel album, une autre production. Nous sommes très satisfaits du travail accompli et bien sûr nous avons hâte de faire découvrir ce nouvel opus.

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Est-ce que les nouveaux morceaux prolongent naturellement ce que DARKEN construit depuis sa reformation, ou sentez-vous poindre une évolution plus nette dans l'écriture, les ambiances ou la manière de faire sonner le groupe ?
Ce dernier album n'a rien à voir avec ce qui a été fait par le groupe jusqu'à présent. Nous avons eu une nouvelle approche à tous les niveaux, c'est ce que nous voulions et nous avons réussi, oui il y a une vraie évolution. Même si bien sûr on reconnaît l'identité du groupe au travers de cet album.

Vous avez récemment mis en avant vos endorsements avec des marques françaises comme Kix drumsticks pour Liam et Skull Strings pour Lorenzo. Est-ce important pour vous de travailler avec des partenaires proches, dans une logique presque artisanale, plutôt que de courir uniquement après les gros logos internationaux ?
Oui, nous mettons un point d'honneur sur les collaborations avec les marques françaises, c'est important pour nous. Mais nous restons ouverts à toute proposition bien sûr.

DARKEN est un groupe très sérieux dans le travail, mais capable de garder une vraie part de second degré. Est-ce que l'humour et la décontraction sont indispensables pour tenir l'équilibre quand on manipule une matière musicale aussi sombre ?
Pour nous tous c'est d'abord le plaisir, le partage. Nous sommes une famille aussi, alors tout se fait de façon très cool, mais nous sommes très exigeants, nous voulons donner le maximum, toujours dans un esprit de respect.

Vous allez jouer au FURIOS FEST. Est-ce que vous connaissiez déjà le festival, son ambiance, son public, ou est-ce une découverte totale pour DARKEN ?
Oui nous connaissons le festival de nom, mais ce sera malgré tout une découverte. Nous sommes très heureux et reconnaissants d'avoir été programmés, nous sommes impatients de vivre ça.

Pour un festival comme le FURIOS FEST, est-ce que vous préparez une setlist spécifique, plus directe, plus frontale, ou préférez-vous défendre le concert tel que vous l'avez pensé, sans trop l'adapter au contexte ?
Nous allons faire une setlist en fonction du festival bien sûr.

Le FURIOS FEST, c'est aussi le Cantal, son air, son relief, sa gastronomie et probablement quelques spécialités capables de remettre d'aplomb un bassiste après un set. Si DARKEN devait associer son metal à un plat, un paysage ou une ambiance locale, vous partiriez sur quoi ?
Ahahah !!! Perso je connais le Cantal et c'est très beau. C'est un vrai bonheur de retourner dans cette région. Mais très honnêtement, nous comptons plutôt sur les locaux pour nous présenter les spécialités du pays... Nous allons nous adapter aux couleurs locales.

Pour finir, il y a toujours une question qu'on oublie de poser, celle qui ouvre parfois la meilleure réponse. Quelle est la question que vous auriez aimé entendre aujourd'hui, et qu'auriez-vous envie d'y répondre ?
La question : c'est quoi le bonheur ?
Eh bien de vivre de ce que nous vivons avec ce nouveau DARKEN, notre amitié, les concerts, les albums, toutes les choses que nous n'avions même pas imaginées en reformant le groupe. La passion pour le métal, la musique en général, la découverte de nouveaux espaces, de nouvelles régions mais au-delà de tout, les rencontres, le partage... L'humain !
Merci beaucoup.
Stephann.