Interview réalisée par mail par Blytch avec Seb (chant), Antony (guitare) et Rom (basse) fin décembre 2011.
Salut les gars, on va commencer par l'actu chaude d'HEADCHARGER : votre quatrième album " Slow Motion Disease " (XIII BIS Records/ Warner Music) sortira le 30 janvier. Vous vous sentez comment à l'approche de sa sortie ? Antony : Excité ! C’est toujours une période un peu compliqué l’attente entre le moment où tu finis le studio et le moment où le disque sort. Après deux mois de studio, les vacances sont vraiment très appréciables, reprendre une vie sociale et tout ce qui va avec. Mais tu as vite fait de tourner en rond et t’as beau faire des interviews, faire des séances photos, et d’autres trucs et machins pour préparer la sortie du disque, si l’album n’est pas sorti, il n’y a pas de concert… et c’est là que ça fait mal ! Seb : En effet, je suis très pressé de retrouver la scène. Aujourd'hui comme le disait Antony quand tu sors un disque tu as pas mal d'obligations extra-musicales plus ou moins intéressantes. L'important reste de partager ta musique en live avec un public qu'on espère bien sûr toujours plus nombreux. Nous allons consacrer notre mois de janvier à construire un nouveau set qui soit le plus fidèle à ce qu'était et est HEADCHARGER aujourd'hui. Rom : Personnellement, j’attends simplement que les dates de concerts arrivent. Ca nous permet aussi de préparer les nouveaux morceaux pour le live, c’est pas une mince affaire, on a du boulot ! Ca fait du bien de rebosser tout ça, pour proposer un excellent show ! Hâte de retrouver la scène… On va retrouver quoi dedans ? Quelle est l'évolution du groupe par rapport aux précédents disques ? Quel y est l'univers abordé ? ... Seb : Je pense que nous sommes les plus mal placés pour répondre à ce type de questions. Au vu des premiers échos que l'on a, il semble que nous ayons réussi à gommer certains de nos défauts dans la composition et les arrangements. Nous savons maintenant comment nous voulons que ça sonne. Nous avons cherché à pousser encore un peu plus loin notre côté " rock ". Les univers qui y sont abordés vont vraiment de la vie de tous les jours, des relations humaines en passant encore et toujours par le cinéma. Pour moi, la musique se ressent et donc c'est toujours compliqué d'en parler. Quand j'entends certaines personnes parler de rock au sens large du terme j'ai toujours l'impression qu'ils cherchent à intellectualiser ce qui n'a pas forcément lieu d'être. Mon plus grand conseil ça serait d'écouter " Slow Motion Disease " à sa sortie et de se faire sa propre impression. Ce qui est sûr c'est que je n'ai vraiment pas l'impression que cet album soit mauvais. Rom : C’est clair que le groupe a évolué depuis le premier album… Donc, ce dernier a suivi toujours et encore le même processus. HEADCHARGER reste HEADCHARGER, il y a des grosses guitares, des rythmes soutenus, des mélodies, du chant gueulé, ça rock toujours sévère ! Mais le vrai gros changement, c’est que Seb chante beaucoup plus. Certes, il pousse encore la gueulante, mais c’est beaucoup moins redondant que dans nos précédents albums. On a voulu mettre plus de mélodies dans nos chansons, mais, pas d’inquiétudes à avoir, ça dérouille quand même toujours autant ! (sinon, moi, j’arrête le groupe… eheh) Le premier extrait diffusé " All Night Long ", va devoir batailler avec les morceaux du même titre (LIONEL RICHIE, LMFAO... ). Vous définissez le votre comment par rapport aux autres ? Je présume que ça tend plutôt vers du " Shook Me All Night Long ", du moins dans la référence. Antony : T’as oublié BUCKCHERRY ! Disons que le titre s’approche plus de BUCKCHERRY que des autres exemples cités… quoiqu’on ne crache jamais sur un petit LIONEL RICHIE ! On revient sur l'album en général, au niveau de sa composition, ça c'est déroulé de quelle manière ? Seb : Nous avons composé en même temps que nous étions en tournée pour " The End Starts Here ". C'est encore David et Rom qui ont apporté les premières idées. L'un pour la couleur rock 70 s' et l'autre pour le côté plus brut. C'était la première fois que nous avions une contrainte de temps pour tout ce travail. XIII Bis voulait que l'on retourne en studio juste après la fin de la tournée et nous avons essayé de relever le challenge. A côté de ça, nous avons eu leur entière confiance pour le côté artistique. Nous avons eu à peine le temps de maquetter et avons donc opté pour essayer de faire ressortir au maximum un côté instinctif que nous n'avions peut-être jamais eu. Rom : Pour celui-ci, on a beaucoup plus bossé sur ordinateur. On a eu peu de créneaux pour répéter, vraiment tous ensemble. Ca change nos habitudes… On avait toujours travaillé encore et encore les morceaux dans notre local, mais là, faute de temps, on s’envoyait les fichiers, et on les bossait chez nous, seul… ça fait bizarre, c’est différent, mais c’est aussi une bonne manière, de composer vite des titres… Mais aussi, de vite les dégager s’ils nous plaisent pas ! Encore une nouvelle expérience pour nous… On apprend toujours ! Et en ce qui concerne l'enregistrement, avec bien entendu Antony aux manettes, au Studio De La Souleuvre ? Antony : Oui je m’y suis collé comme sur le précédent. Celui-là était accompagné d’un petit sentiment particulier, parce que c’était programmé que c’était mon dernier enregistrement dans ce lieu là, où j’étais depuis dix ans. Depuis, j’ai déménagé le studio de la Souleuvre dans un nouveau lieu beaucoup plus grand, plus adapté, et nettement plus proche de chez moi. J’ouvre tout début 2012 pour ceux que ça intéresse ! Pour la seconde fois consécutive, le mix a été réalisé par Guillaume Doussaud (Swan Sound Studio), tandis que comme lors de vos trois premiers albums Alan Douches s'est occupé du mastering au West West Side Music. Essentiel pour vous de travailler de nouveau avec ceux-ci pour ce quatrième CD ? Seb : Je dois te dire que la question ne s'est pas vraiment posée. Peut-être que nous avions besoin de certains repères. Nous étions de toute manière très contents de leur travail sur " The End Starts Here ", il n'y avait donc aucune raison de ne pas de nouveau leur faire confiance pour " Slow Motion Disease " et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ont de nouveau fait du très bon travail. Nous faisons partie de cette école qui considère que le mix et le mastering doivent sublimer le taf' des prises. Trop de musiciens considèrent que si le son est mauvais ou si le rendu n'est pas à la hauteur de leurs espérances c'est du au mix. Ce n'est pas vrai, l'important c'est la source, donc le groupe. Il existe sûrement de très mauvais sondiers mais je pense qu'ils sont moins nombreux que les mauvais musiciens. Contents du résultat ? Vous serez O.K. pour retravailler avec eux ou alors vraiment non quelle déception ? Antony : Disons que le risque de la routine est un piège duquel il faut se méfier. A titre personnel, je pense que pour le prochain album il faudra revoir notre copie. A commencer par la production de l’album, je crois que je suis arrivé au maximum de ce que je peux apporter à HEADCHARGER. Pour le prochain album, j’aimerais qu’on refasse appel à une personne extérieure, comme à l’époque des deux premiers albums, histoire de foutre un coup de pied au cul à nos habitudes. Bien sûr, tout ça est très frais et encore tout chaud, c’est donc une réaction “ à chaud ” plus qu’une réflexion aboutie... d’ailleurs je crois que j’avais déjà dit ça à la sortie de " The End Starts Here " ! Pour le mix, c’est la même chose, il faudra à un moment faire appel à quelqu’un qui a une vraie personnalité dans le son… on est content du résultat, mais il est sans doute trop “ proche ” des albums précédents, trop prévisible. Faire appel à une grosse pointure outre-Atlantique serait forcément un rêve, mais bon on en est pas là. Si METALLICA était resté avec Rasmussen plutôt que de faire appel à Bob Rock, beaucoup de gens auraient sans doute trouvé ça mieux, mais moi je suis certain qu’ils n’existeraient plus à l’heure où je te parle… enfin en tout cas, METALLICA ne serait pas devenu ce qu’il est devenu, un des plus grands groupes de rock de l’univers (n’en déplaise aux détracteurs !). Bon de là à nous comparer à METALLICA… ! Un clip issu de " Slow Motion Disease " est déjà en vue ? Peut-être une nouvelle fois par Dude I'm Screwed ? Antony : Oui, c’est encore une fois Bruno et Jérôme qui vont s’occuper de la réalisation. Ces deux mecs là sont exactement ce que je te décrivais plus haut, des gens qui ont de la personnalité et qui tirent le tout vers le haut. On a été vraiment satisfait du clip de " Intoxicated ", et du coup, on les attend vachement au tournant pour nous scotcher encore une fois sur le prochain ; on a lu le scénario, on est confiant ! Rom : Le tournage du clip est prévu pour le 15 janvier, et, normalement, il devrait sortir quasi en même temps que la sortie de l’album, le 30 janvier. On va encore passer un super moment, et je pense que les gars vont encore une fois nous en faire baver. Pour " Intoxicated ", j’avais eu des courbatures partout, pendant plus de trois jours ! Des dates déjà annoncées pour la tournée ? Seb : Elles seront annoncées tout début janvier, je peux déjà te dire que nous allons tourner avec des filles qui ne sont pas françaises... Nous allons dans un premier temps passer en France et en Belgique et le reste de l'Europe ensuite... D'autres projets assez excitants / intéressants se mettent en place autour de cette nouvelle sortie ? Seb : Nous allons travailler un mini-set acoustique. Il y a des showcases qui sont prévus en même temps que la tournée. Nous avions déjà tenté l'expérience sur " The End Starts Here " et j'ai trouvé cela très intéressant. Je trouve que c'est une approche différente de notre musique. Les gens redécouvrent parfois certains de nos titres grâce à cela. En ce qui concerne les projets, pleins de choses sont en prévisions mais l'expérience me fait dire que temps que tout cela n'est pas sûr à 200%, pas un mot. On revient sur cette année 2011 assez riche pour HEADCHARGER. On va commencer par le HELLFEST puisque j'avais interviewé Rom quelques jours avant votre montée sur scène. Désormais on veut tout savoir sur votre concert, mais aussi sur votre week-end là-bas : rencontres, lives vus, anecdotes les bonnes et surtout les plus étranges... ? Antony : C’était un peu taré ce week-end, on a vraiment profité au max ! D’ailleurs c’est marrant, je regardais sur Youtube aujourd’hui même une des interviews que Seb et moi avons fait là-bas, et je me faisais la réflexion qu’on avait vraiment des gueules de déterrés ! Autant te dire qu’on a pas beaucoup dormi ! Je garderais de ce Hellfest un souvenir de franche bonne camaraderie partout, aussi bien entre les festivaliers, que entre les zicos et autre en backstage, etc. Je garderais aussi un souvenir assez ému de l’hommage à Patrick Roy après le concert de SCORPIONS, même si je le connaissais pas personnellement, j’avais trouvé ses prises de positions pertinentes, et en m’y intéressant un peu, j’avais découvert un personnage vraiment attachant… bref, la nouvelle de sa mort m’a vraiment attristé. Seb : C'est marrant que tu nous parles de ce live parce que il va y avoir une édition limité de " Slow Motion Disease " avec un DVD bonus avec le live du Hellfest. Pour le reste, what's on the road stay on the road... Mais c'était bien cool. Rom : On s’est bien marré… Et malgré l’heure matinale (10H, pour l’ouverture du 2ème jour du HELLFEST), il y a eu pas mal de monde, on a été assez surpris de cet accueil ! Du coup, pour nous c’était bien, l’heure de l’apéro avec les copains a été décalée… trop tôt peut-être! En tout cas, ça a été une super expérience pour nous ! Maintenant, on en veut encore plus ! Au cours de cette même année, vous avez eu pas mal d'autres activités, notamment de nombreux concerts en France et ailleurs, dont une tournée au Royaume-Uni. Vous pouvez nous raconter les meilleurs, les pires et les plus étranges souvenirs de 2011 pour le groupe ? Rom : J’arrive jamais à répondre à ce genre de questions… Soit ma mémoire flanche (sûrement), soit il ne se passe rien pendant nos tournées (j’en doute !), soit quand je cherche à me rappeler d’un truc, je l’oublie aussi sec (ça se pourrait aussi ! )… Bref, j’ai pas d’exemple précis, mais sache que l’on se marre comme des gosses quand on est sur la route… On rencontre pleins de gens avec qui se marrer, boire l’apéro, faire des bons concerts, et tout ça, ça nous suffit amplement ! Seb, Antony et Rom, je vous remercie pour l'interview, vous avez un dernier mot, un message et / ou un coup de pouce à faire passer ? Un grand merci à toi pour l’interview, et le coup de pouce. Tout simplement à Nawak Posse qui nous suit depuis longtemps, qui s’implique dans le schmilblick du rock en France ! Donc, big-up à vous… On vous remercie encore et continuez à vivre votre passion ! Bonnes fêtes de fin d’année à tous ! |