Interview réalisée par DamDam au Westill Fest le samedi 1er novembre 2025.
Il y a des choses que l’Argentine sait faire sans problèmes, nous botter le cul en finale de coupe du monde (je ne m’en remettrai jamais !), et faire vrombir nos oreilles avec du stoner / doom trempé de sonorités 70’s que même les mecs de BLACK SABBATH en souilleraient leur pantalon patte d’éléphant ! C’est pendant la dernière édition du Westill que j’ai eu la chance de tailler le bout de gras avec le trio MEPHISTOFELES : entre la genèse du groupe leurs influences esthétiques et les plus grands footballeurs argentins. Vamonos ! Est-ce que vous pouvez vous présenter MEPHISTOFELES aux lecteurs de Nawak Posse s’il vous plait ? Gabriel : je m’appelle Gabriel Ravera je suis le chanteur principal / guitariste de MEPHISTOFELES. Ismael : Je suis Ismael Dimenza, et je suis bassiste de MEPHISTOFELES. Lucas :Lucas Frizza, pour MEPHISTOFELES je suis le batteur et je viens d’Argentine ! Quand l’aventure MEPHISTOFELES a-t-elle commencé, et comment vous êtes-vous rencontrer ? Gabriel : MEPHISTOFELES a commencé aux alentours de 2011, initialement il n’y avait que moi. Puis le besoin d’avoir un batteur s’est fait sentir, donc depuis 2023 il y a Lucas Frizza à nos côtés… tu peux me rappeler la question s’il te plait ? Lucas : Comment ça a démarré… Gabriel : J’ai commencé par m’enregistrer seul à la maison, comme un one man band. DIY ? Gabriel : DIY ! Dans la chambre où je dormais, j’ai commencé à poster des trucs sur internet. Des démos, en espérant trouver des musiciens. Ce n’était pas évident, parce que dans la ville d’où je viens il n’y a pas beaucoup de gens qui s’intéressent à ce genre de musique. Déjà sous le nom MEPHISTOFELES ? Pourquoi avoir choisi ce nom d’ailleurs ? Gabriel : A l’époque j’aimais beaucoup lire différentes sortes de contes de pays différents et je suis tombé sur le livre Faust. J’ai lu le livre à cause du film, et dans cette œuvre MEPHISTOFELES est un démon mais aussi le personnage principal, un employé de Satan en charge d’être le messager de Satan auprès des mortels. ![]() Pourquoi vous êtes-vous tournés vers le stoner/doom ? La scène argentine est peu connue dans nos contrées. Pour ma part, je connais IAH, MEPHISTOFELES et LOS ACIDOS. Pourquoi avoir pris ce chemin ? Gabriel : je pense que plus jeune, j’écoutais beaucoup de rock national d’Argentine des 70’s comme COLOR HUMANO, AQUELARRE, PESCADO RABIOSO, j’ai bien entendu, écouté les premiers BLACK SABBATH mais je n’étais pas particulièrement fan des morceaux. Je savais exactement ce que je voulais jouer. Et le premier contact avec le stoner-doom a été avec " Dragonaut " de SLEEP. Je pense que ça fait ça avec beaucoup de gens, la première écoute de " Dopesmoker " de SLEEP a changé complètement ma vision de la musique. Gabriel : C’est vrai que les albums de SLEEP ont ce pouvoir là sur les gens. Puis j’ai commencé à écouter d’autres groupes comme WITCH, ACID KING et d’autres groupes européens. Et pour vous les garçons (Ismael et Lucas) ? Ismael : Oui bien entendu, pour ma part je venais d’autres groupes et ça m’est venu naturellement de jouer de manière lente, dense, sombre voir sludgy. C’était presque inné. Quelles sont vos principales influences ? Bon ça saute aux yeux, qu’il y a un amour pour ELECTRIC WIZARD… Gabriel : tu crois ? (rires) Il y a quelque chose en effet ! (rires) je me suis même fait la remarque, c’est ELECTRIC WIZARD avec une tunique de Boca Junior. (Rires) Lucas : Oh fuck yeah ! Gabriel : Pour être honnête, ELECTRIC WIZARD au tout début du groupe était notre influence principale. Mais on a vite compris qu’il fallait faire quelques changements, puis BLACK SABBATH au fil du temps est devenue la grosse influence. Ce n’est pas très surprenant n’est-ce pas ? (rires) Quelles sont vos méthodes de compositions, votre processus de travail quand vous êtes en studio ? Gabriel : Au tout début, vu que c’était un one man band. J’écrivais toutes les chansons. Puis j’ai rencontré Ismael et notre ancien batteur. Je leur donnais ce que j’avais écrit puis leur disait de jouer cette partie de telle ou telle manière. En gros jusqu’à 2022, je composais tout, je transmettais aux gars, et on jouait les morceaux tel quel. Désormais c’est totalement différent, avec Lucas qui vient d’une autre ville qui se trouve à 400 bornes de chez nous… Lucas : 500 bornes très exactement ! Gabriel : 500 oui ! Donc on se voit 3 ou 4 fois par an du coup ce qu’on fait : si l’un à une idée, il l’écrit. Si l’autre a un riff en tête, il le joue. On essaie de combiner le tout, On enregistre tout ça, et on fait le tri dans ce qui vaut vraiment le coup. C’est une nouvelle manière de faire, mais elle est plutôt bénéfique. Cela nous permet de tenter de nouvelles choses par la même occasion. Vous avez travaillé avec DEVIL’S WITCHES sur Magic Wound… Gabriel : En effet, j’ai fait un petit couplet ! Avez-vous d’autres envies de collaboration comme celle-ci ? Gabriel : ça nous est arrivé d’avoir des demandes, pour que nous participions sur tel ou tel projet. Mais il faut trouver le temps de pouvoir le faire et le fait d’être emballé par le concept. Qui se cachent derrières vos artworks, et d’où viennent ces inspirations ? Gabriel : je suis l’homme derrière les artworks. Et je dois avouer que j’aime beaucoup la Pornsploitation. C’est vrai qu’on retrouve souvent des femmes nues sur vos pochettes….il y a une patte un peu B-Movies. Gabriel : Pas tant que ça ! (rires) Plutôt que les B-Movies, ce sont surtout les vieilles affiches publicitaire des années 60 / 70, c’est clairement ce qui m’a beaucoup inspiré pour nos pochettes. ![]() Quel regard posez-vous sur la scène stoner Argentine, et plus globalement sur la scène internationale ? Gabriel : En Argentine, il y a un vivier qui est vraiment très bon. Un vent de fraicheur avec une nouvelle scène, de nouveaux groupes qui jouent beaucoup ensemble. Ils essaient tous de se tirer vers le haut afin de progresser et de faire vivre la scène. Et concernant la scène, plus globalement, il y a énormément de bons groupes mais j’ai l’impression parfois que beaucoup sonnent de la même manière. Quand je suis dans mon groupe, j’ai envie de sonner un peu différemment. Ce n’est pas évident de venir avec son groupe, et d’apporter quelque chose de neuf. Ce n’est vraiment pas évident ! Ismael : Je pense qu’on essaie tous de revenir à nos racines, l’ambiance 70’s et tenter de faire résonner le côté old school. Pas besoin de modifications merdiques, pas d’ordinateur, envie de jouer fort, apporter des distorsions. Et pour beaucoup de groupes, il faut jouer aussi dur que possible comme à la grande époque. Si vous aviez la possibilité de créer votre propre festival, quelles seraient les têtes d’affiche ? Gabriel : Oh merde, c’est une bonne question…laisse-moi 30 secondes ! Je ne sais pas, ELECTRIC WIZARD, SLEEP… Ismael : J’aime beaucoup ACID KING, on les connait bien, on a joué avec eux Avec Lori S. qui est vraiment cool. J’aimerai bien une affiche un peu stoner, un peu blues aussi. C’est le genre de truc que j’aime écouté… ouais une affiche avec SLEEP, ELECTRIC WIZARD, des groupes qui font que je joue ce que je joue actuellement. Lucas : je vois que tu portes un maillot de Boca Junior, j’adore le football, du coup j’ai pas mal de questions pour toi ! Messi ou Maradona ? Lucas : Messi ! Zanetti ou Samuel ? Lucas : Oh elle est dure celle-là… tu me mets dedans là, je pourrai avoir des problèmes avec ce genre de questions. Riquelme ou Aimar ? Lucas : Riquelme, je suis un enfant de Boca ! J’aime ce mec en tant que joueur, sa prestance ! Crespo ou Aguero ? Gabriel : Mais, t’as fait tes devoirs avant de venir ?! (rires) Lucas : Aguero est un excellent joueur, mais j’ai été élevé avec Crespo, je voulais être Crespo quand j’étais môme. Une petite dernière : Juan Sebastian Veron ou Alexis MacAllister ? Lucas : Oh non…encore une difficile ! Encore une fois, en qualité de fan de Boca Junior je suis obligé de dire MacAllister. Et sinon Boca ou River ? (rires) Lucas : bizarre comme question ! Une dernière question, que peut-on attendre dans le futur en ce qui concerne MEPHISTOFELES ? Gabriel : Concernant cette année (2025 au moment de l’interview), terminer cette tournée européenne qui est d’ailleurs notre première en Europe et à l’internationale. Et comment le public européen vous a-t-il accueilli ? Ismael : Ils sont excellents, putain ! On n’aurait jamais imaginé ça ! On a déjà joué devant beaucoup de monde en Argentine, mais ici c’est particulier. Je ne sais pas si c’est dû à la scène, ou au groupe en lui-même mais particulièrement en France, mais ici Woooow ! Gabriel : Sinon concernant les plans futurs, on prévoit de revenir à la maison fin Novembre, avec un gros show qui nous attends à Cordoba. Et courant Janvier (2026), on souhaite repartir pour une tournée de 15 ou 20 dates. On souhaite bien entendu enregistrer du nouveau matériel, on a énormément d’idées, on veut vraiment faire de nouvelles chansons. Finir la démo du quinzième album, et qui sait reprendre la route pour le printemps ! Chicos, muchas gracias ! MEPHISTOFELES : Gracias a ti ! ![]() |