Interview réalisée par Djaycee par phoner au mois de Juin 2026.
Depuis ses débuts, NAWAKPOSSE accompagne le FURIOS FEST en partenaire fidèle, avec cette même envie de défendre une scène rock et métal vivante, diverse et passionnée. Pour cette nouvelle édition, nous nous sommes lancé un défi un peu fou, mais parfaitement raisonnable pour des gens qui considèrent qu’un mur d’amplis est une preuve d’équilibre mental : proposer une interview à tous les groupes de l’affiche. L’idée est simple : donner la parole aux artistes, mettre en lumière leurs parcours, leurs actualités, leur rapport à la scène, et faire monter tranquillement la température avant de se retrouver dans le Cantal. Suite de cette série avec LORDI, monstres finlandais, maîtres du hard rock horrifique et vainqueurs improbables mais inoubliables de l’Eurovision 2006. LORDI existe depuis plus de vingt ans avec une identité immédiatement reconnaissable : monstres, hard rock, gros refrains, humour noir, culture horrifique et amour assumé des clichés. Avec le recul, qu’est-ce qui t’étonne le plus dans le fait d’être encore là : avoir survécu aux modes, aux critiques, ou à vos propres créatures ? En fait, tu as presque déjà répondu à la question. Mais d’une certaine manière, ça ne m’étonne pas vraiment. Le truc, c’est que je ferais ça de toute façon. Même si je travaillais dans un magasin, derrière une caisse, j’utiliserais mon temps libre pour écrire de la musique, créer des costumes de monstres, fabriquer tout ce bordel. Donc non, ça ne m’étonne pas vraiment. C’est comme ça que ma vie devait se passer. C’est ma vie. Je n’ai pas le choix. C’est ce que je ferais dans tous les cas. Je ne vois pas vraiment quelle autre voie aurait été possible. Oui, on peut appeler ça une forme de destin. Mais chacun fabrique aussi son propre destin. Si tu n’attends rien du reste du monde, si tu ne te demandes pas comment les gens vont réagir à tes fantasmes, à tes rêves ou à tes envies, alors tu peux vraiment les accomplir. Pour moi, le plus important, c’est de pouvoir faire ce que je veux faire et ce que j’ai besoin de faire. Sinon, je deviendrais fou. Certains appellent ça de l’art, mais pour moi, c’est simplement ce que j’aime faire. Je le ferais dans tous les cas. Le gros bonus, c’est que je peux en vivre. Je sais très bien que beaucoup de gens dans le monde font un boulot qu’ils détestent juste pour payer leur loyer et acheter à manger. Moi, je suis un enfoiré chanceux, parce que je fais ce que j’aime. Et je le fais pour moi. Parlons de " Limited Deadition ". L’album poursuit, après " Screem Writers Guild ", ce retour vers une version plus directe de LORDI. Tu vois cet album comme un retour aux racines, ou plutôt comme une liberté naturelle retrouvée ? Il n’a pas été écrit avec cette idée en tête. Les chansons n’ont pas été écrites dans l’intention de revenir aux racines. Chaque fois que je commence à écrire de nouveaux morceaux, ce qui sort, sort. Je ne planifie généralement pas le type d’album que nous allons faire. On s’est souvent dit avant de commencer un disque : " OK, faisons un album plus dur ", ou au contraire " faisons quelque chose de plus doux ". Et très souvent, ça ne se passe pas comme prévu. Pour " Limited Deadition ", on s’était dit : " Continuons dans cette direction très mélodique, avec cette vibe pop des années 80 qu’on avait sur "Screem Writers Guild", mais avec un peu plus de tempo et un peu plus de métal ". Et au final, ce n’est pas plus metal du tout. C’est même plus soft que " Screem Writers Guild ". Ça prouve qu’avec LORDI, il est inutile de faire des plans trop rigides. Ce qui compte, c’est ce qui semble juste, ce qui sort de manière organique et naturelle. C’est ça que nous faisons. Comment gardes-tu cette spontanéité sans te retrouver enfermé dans ta propre mythologie ? On a souvent essayé de décider à l’avance quel type d’album faire. Et bien sûr, tu peux te forcer. Tu peux te dire : "On va faire ce genre de disque ". Mais avec le recul, plusieurs années plus tard, tu peux te rendre compte que ce n’était peut-être pas complètement naturel. Mais attends, maintenant que j’y pense, chaque fois que nous sortons un album, ou même quand j’écris les chansons, elles me semblent être les meilleures chansons du monde. C’est comme ça que je fonctionne. Je suis toujours excité par une nouvelle chanson, par un nouvel album. J’écris tout le temps. À chaque morceau sur lequel je travaille, j’ai l’impression que c’est le meilleur que j’aie jamais écrit. Il faut souvent attendre quelques années pour prendre de la distance. Cinq ans plus tard, tu peux te dire : " OK, ça ne m’impressionne plus autant ". Mais au moment où tu l’écris, c’est le meilleur truc du monde. Pour le prochain album, par exemple, j’ai déjà des idées. Notre guitariste Kone a aussi des idées. On peut se dire : " Oui, faisons ça ". Mais il y a de grandes chances que ça ne se passe pas exactement comme prévu. Il vaut mieux faire ce qui semble naturel à l’instant présent. Rien ne doit être forcé. Pour moi, la bonne musique doit sortir comme une diarrhée. Comme une merde liquide. Pshhh ! Parce que c’est facile, fluide, lubrifié. C’est comme ça que je vois la création. Je pensais utiliser la métaphore d’une rivière qui suit son lit, mais allons donc pour la diarrhée. Oui, la diarrhée, c’est mieux. Beaucoup mieux. " Limited Deadition " est très lié aux jouets rétro, aux collections, aux objets physiques, aux souvenirs d’enfance, aux figurines et à une culture matérielle qui disparaît peu à peu. Est-ce aussi une lettre d’amour à une époque où attendre un disque, un film ou une figurine ressemblait encore à attendre un trésor ? Oui. Je ne sais pas quel âge tu as, mais tu n’es pas un gamin. Tu te souviens encore de l’époque où il fallait vraiment attendre la sortie d’un album, aller dans un magasin de disques, acheter le vinyle, la cassette ou le CD. Tu l’attendais vraiment. Et tu l’achetais avec ton propre argent. L’artiste pouvait réellement en vivre. Ensuite, tu rentrais chez toi. Peut-être que tu te disais : " OK, ce n’est pas le meilleur album du monde ". Mais tu l’écoutais encore. Tu lui donnais une deuxième chance, puis une troisième, puis une quatrième, parce que tu avais attendu, parce que tu avais dépensé ton argent. La musique avait beaucoup plus de valeur. Aujourd’hui, les gens vont sur des plateformes de streaming, écoutent deux secondes, passent au morceau suivant, écoutent un refrain, s’ennuient au bout d’une minute et changent encore. Je déteste ça. Je déteste vraiment ça. Donc oui, cette époque me manque. Je sais que les gamins de vingt ans diraient : " Ah, cette époque préhistorique où il fallait attendre ". Mais attendre, c’est bien. Tout ne devrait pas arriver immédiatement sur un plateau d’argent. Le monde ne devrait pas te servir tout ce que tu veux dès que tu claques des doigts. C’est aussi pour ça que beaucoup de jeunes aujourd’hui sont si fragiles. Ils ont grandi en obtenant tout immédiatement. Et dès qu’ils n’ont pas ce qu’ils veulent tout de suite, ils s’effondrent. Tu défends l’idée que les clichés ne sont pas forcément négatifs, mais peuvent être des formules qui fonctionnent, comme une bonne pizza pepperoni ou un refrain de hard rock qui fait lever les poings. Pourquoi le mot " cliché " est-il devenu si suspect en musique ? En musique, au cinéma, et dans toute la culture populaire, " cliché " est devenu presque une insulte. Mais un cliché est un cliché pour une raison : c’est quelque chose qui fonctionne. Comme tu le disais, une pizza pepperoni, c’est un cliché. Mais aujourd’hui même, pendant qu’on parle, des millions de gens partout dans le monde mangent une pizza pepperoni et ils l’adorent. Demain, d’autres millions de gens en mangeront encore. Ils font ça depuis des décennies et ils continueront jusqu’à la fin des temps, parce que ça fonctionne. C’est pareil pour la musique, pour certains rebondissements dans les films ou les séries, pour toute forme de culture pop. Les clichés sont des formules qui marchent. Ils ont été utilisés encore et encore, et ils continueront à l’être. C’est pour ça qu’ils sont des clichés. Mais un cliché n’est pas forcément une mauvaise chose. C’est une formule efficace. Dans " Legends Are Made Of Clichés ", on entend presque une philosophie LORDI : prendre les codes du horror rock, du heavy des années 80 et du grand spectacle, puis les assumer pleinement. Est-ce que la sincérité vient justement du fait de ne jamais s’excuser d’aimer ce qu’on aime ? Oui, je pense que c’est important. Il faut être sincère et fidèle à soi-même. Avant tout, tu dois être vrai avec toi-même dans tout ce que tu fais. Si le reste du monde te suit ou est d’accord avec toi, c’est un plus. Si les gens ne sont pas d’accord, c’est leur problème, pas le tien. Donc oui, c’est absolument lié. Être sincère, c’est aussi ne pas s’excuser d’aimer ce qu’on aime. En 2026, cela fait vingt ans que LORDI a remporté l’Eurovision avec " Hard Rock Hallelujah ". Avec le recul, que représente aujourd’hui cette victoire : un moment historique, une belle anomalie, la revanche des monstres, ou la preuve qu’un grand refrain peut entrer absolument partout ? Aucune de ces réponses. Pour moi, c’était surtout une surprise et un accident heureux. On nous a invités à participer à la sélection finlandaise pour l’Eurovision. On s’est dit : " OK ". On y est allés. On a gagné. C’était surprenant, mais très bien. Ensuite, on est allés au concours principal. On a gagné aussi. Et on s’est dit : " OK, c’est cool ". Ce n’était pas prévu. Tout ça ressemblait à un accident chanceux. Parfois, les choses arrivent. Parfois, de bonnes choses arrivent. Tu n’es pas toujours le capitaine du bateau. D’un coup, les vagues t’emmènent quelque part et tu te dis : " OK, pourquoi pas ". Je suis positif par rapport à tout ça, bien sûr, mais personnellement, je ne peux pas le voir comme " le grand moment historique où nous avons gagné l’Eurovision et ouvert les portes à d’autres groupes de métal et de rock ". Non. Pas pour moi. De mon point de vue, c’était quand même un moment important. Pour une fois, j’avais envie de regarder l’Eurovision. Je comprends ça, et je respecte complètement ce point de vue. Mais de mon côté, je ne l’ai jamais vécu comme ça. Ce n’était pas comme si le ciel s’ouvrait, que Dieu envoyait sa lumière sur moi et que les anges chantaient : " Aujourd’hui, tu fais l’histoire ". Rien de tout ça. Pour cet anniversaire, Johnny Logan a revisité " Hard Rock Hallelujah ". Sa version transforme votre hymne monstrueux en quelque chose de plus pop rock, porté par l’une des voix les plus iconiques de l’histoire de l’Eurovision. Qu’est-ce que ça fait d’entendre ton propre morceau transformé par sa voix et son identité musicale ? C’est moi qui ai arrangé la chanson. Cette version de Johnny Logan, c’est aussi beaucoup le groupe. J’ai réarrangé le morceau, je l’ai réécrit pour qu’il sonne comme quelque chose de très " Johnny Logan ". Du moins, comme moi j’imaginais Johnny Logan chanter cette chanson. Le résultat a été encore meilleur que ce que j’espérais. Quand j’ai entendu la première piste qu’il nous a renvoyée, avec sa voix, j’ai éclaté de rire avec les larmes aux yeux. De joie. Ça sonnait tellement bien. Je savais que ce serait bon, mais je ne pensais pas que ce serait aussi incroyable. Le but, c’était que les gens entendent quelque chose de familier sans immédiatement comprendre. Ils peuvent se dire : " Mais je connais ce morceau... " Et seulement plus tard : " Attends, c’est LORDI ? Ces monstres stupides qui criaient et grognaient ? " Là, ça marche. Ça prouve une chose que j’ai toujours dite : toute musique est presque la même. Tout dépend des arrangements. Tu peux prendre n’importe quelle chanson et la modeler dans n’importe quel genre. C’est une question d’arrangement. Le meilleur exemple, c’est APOCALYPTICA. Quand ils ont commencé à jouer des morceaux de METALLICA au violoncelle, beaucoup de gens venus du classique se sont dit : " Mais quelles mélodies intéressantes, quelles structures ! " Et la réponse, c’était : " C’est METALLICA, motherfucker ". La musique reste la musique. Les genres viennent surtout des arrangements. De l’autre côté du miroir d’Alice aux pays des merveilles… D’Alice COOPER au pays des merveilles ! Tout à fait ! LORDI a repris " Hold Me Now ", le classique de Johnny Logan, en ballade metal avec NOORA LOUHIMO. Qu’a-t-elle apporté au morceau, et comment avez-vous abordé un monument émotionnel de l’Eurovision sans simplement le rendre plus heavy pour le principe ? Pour moi, il y avait surtout cette chanson, parce que le refrain m’est toujours resté en tête. Il est excellent. Je m’en souviens depuis que je suis gamin. Ce refrain aurait pu être un morceau de BON JOVI, de KISS, de POISON, d’ALICE COOPER. On dirait presque quelque chose que DESMOND CHILD aurait pu écrire. Encore une fois, tout est dans l’arrangement. Le morceau sonne déjà comme un refrain hair metal. C’était donc très facile de l’arranger en version hard rock ou heavy rock. La mélodie était déjà là. La chanson date de 1987. Et ça prouve encore mon point : une grande partie de la musique écrite dans les années 80 appartient au même bassin mélodique. Tu prends DURAN DURAN, JOHNNY LOGAN avec " Hold Me Now ", A-HA, KISS, BON JOVI, W.A.S.P., TWISTED SISTER… Les mélodies viennent souvent du même sac de bonbons. Ce qui change, ce sont les arrangements. ![]() Vous avez aussi repris " Papa Pingouin " pour les célébrations de l’Eurovision. Pour un public francophone, ce choix est à la fois étrange, drôle et presque logique une fois passé dans l’univers de LORDI. Est-ce que cette version pourrait apparaître au FURIOS FEST, ou faut-il lancer une pétition avec des pingouins en corpse paint ? Tu peux lancer une pétition, mais ça ne servira à rien. Je te le dis tout de suite : nous ne referons jamais ça. Ce court passage de " Papa Pingouin ", même une minute, a été l’un des moments les plus difficiles que j’aie jamais passés en studio. Je ne parle pas français, je ne comprends pas le français, je ne sais pas comment prononcer ces trucs. J’ai appelé un ami suisse, Mike, alias MR KILLJOY, qui parle français car il est suisse, pour qu’il m’aide. Je lui disais : " Comment je vais réussir à prononcer ce bordel ? " Il essayait de me guider. Et je te jure que ces deux lignes ont été les plus dures de ma vie à enregistrer. Il me disait : " Non, non, tu dois ouvrir la bouche davantage ". [il se lance dans un papa pingouin difficilement transcriptible ici] Moi, je lui répondais : " Mais ça sonne exactement pareil ". Et lui : " Non, écoute bien, ce n’est pas pareil ". Et moi : " Mec, j’entends exactement le même son ". Donc non, nous ne referons jamais " Papa Pingouin ". C’était trop dur. Vraiment. Ça va rassurer Christophe, le patron du FURIOS FEST. Il se demandait un peu ce que vous étiez en train de faire avec ce morceau. Je le comprends. C’était une faveur faite à l’Eurovision. Ils nous ont demandé de faire quelque chose à partir d’un autre artiste, des petits extraits, des morceaux différents. La directrice musicale de l’Eurovision nous a dit que c’était la première idée qui lui était venue : LORDI faisant " Papa Pingouin ". Quand ils nous ont proposé les chansons, j’ai demandé : " Mais c’est quoi ce truc ? " Je ne connaissais pas du tout. Je pensais que c’était une chanson pour enfants. En Finlande, personne ne connaît ça. Je ne l’avais jamais entendue. Puis j’ai appris que dans le monde francophone, en France, en Suisse et ailleurs, c’était un énorme tube. Mais chez nous, rien. Personne ne connaît ça. Pour être honnête, c’était amusant comme idée, et le résultat fonctionne d’une manière étrange. Mais faire cette chanson n’a pas été amusant du tout. Je ne sentais pas qu’on pouvait vraiment la faire fonctionner. On y est arrivés, d’une certaine façon, mais plus jamais. Plus jamais. Vous allez jouer au FURIOS FEST. Est-ce que vous connaissiez déjà le festival, son ambiance et son public, ou est-ce une nouvelle étape française dans votre carnaval finlandais de horror hard rock ? Ce type de festival à taille humaine sont généralement toujours bien. Donc oui, j’ai hâte d’y être. Mais je n’ai absolument aucune idée de ce qui nous attend. Pour un festival comme le FURIOS FEST, comment préparez-vous la setlist ? Cherchez-vous un équilibre entre les classiques attendus, les titres récents de " Limited Deadition ", l’héritage Eurovision et quelques surprises pour les fans les plus mordus ? Cet été, nous faisons quelque chose autour de " The Arockalypse ". Sur tous les concerts de l’été, nous ne jouons rien de " Limited Deadition ", ni de " Screem Writers Guild ". Nous jouons " The Arockalypse " en entier. Selon la durée du concert, si nous avons une heure et demie par exemple, nous jouons tous les morceaux de " The Arockalypse ", absolument tous, plus des titres bonus. Peut-être " Would You Love A Monsterman ", " Devil Is A Loser ", ce genre de choses si nous avons le temps. Quand nous préparons les set-lists pour les festivals, nous gardons généralement le même set tout l’été. Cette année, c’est les vingt ans de " The Arockalypse ", donc c’est ce que nous faisons. Le FURIOS FEST, c’est aussi le Cantal, ses paysages, sa nourriture solide, ses nuits parfois fraîches et un public prêt à accueillir des monstres venus du Nord. Si LORDI devait connecter son univers à une image locale, ce serait plutôt un château hanté au milieu des volcans, une truffade démoniaque, ou " Papa Pingouin " perdu dans une tempête auvergnate ? Pas " Papa Pingouin ", ça c’est sûr. Je pense que ce serait la première image : le château hanté au milieu des volcans. Absolument. Pour finir, il y a toujours une question qu’on oublie de poser, celle qui ouvre parfois la meilleure réponse. Quelle question aurais-tu aimé entendre aujourd’hui, et quelle aurait été ta réponse ? " Est-ce que cette interview est terminée ? ". Et la réponse est : " oui " [en français dans le texte]. Merci Mr LORDI et Frank de son management. Merci à Elodie et Christophe pour le Furios. |