| WESTILL FEST 2025 Vallet le 31/10/25 et 01/11/25 (Le Champilambart) ![]() C’est en cette fin octobre / début novembre 2025 au cœur du vignoble nantais (si tu veux te mettre un petit muscadet dans le gosier, tu es au bon endroit !) que se tient le rassemblement inratable pour les amoureux de stoner/doom/sludge et consort. Le Westill Festival fait vrombir les murs du Champilambart avec une affiche où l’on retrouve les kings (buffalo !) du bruit marron et de la musique enfumée. C’est archi complet depuis plusieurs semaines, et au vue de la fluidité de l’organisation, de la gentillesse des bénévoles et commerçants, de la qualité des food trucks, il y a peu de chances que cela désemplisse. Jour 1 (celui qu’on retient !) : Les Mentonnais de WORMSAND ont la tâche ardue d’ouvrir cette nouvelle édition pile à l’heure, devant certes un par terre clairsemé mais réactif (pour l’heure du goûter, c’est mieux qu’un paquet de Choco BN !). Défendant leur dernier album en date, " You The King ", avec un nouveau batteur dans leur rang dont l’adaptation se passe plutôt bien au vue de la performance live du bougre (les futs n’ont qu’à bien se tenir). L’alternance entre le chant clair / scream se fait avec une certaine maitrise, la réverb utilisée installe une atmosphère sombre et planante à la fois. Mention spéciale pour " Daydream " qui est parfaitement calibré pour la scène, le vers des sables a chauffé le Champi qui commence à se remplir. Je prends en cours de route la performance de MEPHISTOFELES, une première en France pour les argentins qui font preuve d’une belle énergie sur scène, c’est très groovy et la communication avec le public se veut chaleureuse. Si je pouvais décrire ce que propose le groupe, je dirai que c’est ELECTRIC WIZARD mais avec une tunique de Boca Juniors (j’aurai l’occasion de parler football lors de l’interview du trio infernal). Une ambiance enfumée très 70’s, quand on jette un œil autour du design et des pochettes du groupe, il n’y pas d’arnaques. Tout est assumé, et proprement réalisé. Gracias Chicos! Il m’est difficile de parler de Brant Bjork sans exploser le compteur de superlatif tant j’admire la personne et l’artiste qu’il est. Son statut de King of Cool, il ne l’a pas volé (j’ai eu l’occasion de faire ma groupie en zone presse, ne serait-ce que pour le remercier pour toutes les good vibes qu’il nous apporte !) Ce soir c’est avec le BRANT BJORK TRIO qu’il est venu faire remuer nos popotins. Michael Jordan avait Scottie Pippen lors de la période faste des Chicago Bulls, Brant nous ramène le sergent du groove en la personne de Mario Lalli. Il règne une alchimie parfaite au cœur du combo, Mario en bossu de Notre Basse courbé sur son instrument est complètement habité par le son épaulé par son collègue caresseur de cymbales. Brant Bjork est heureux, souriant, une communion entre lui et le public au pays du chill : une masterclass ensoleillée. Il est temps de partir dans le cosmos et de tutoyer les planètes avec MONKEY ON MARS. Je me rends compte à quel point nous sommes chanceux d’avoir le plaisir de partir en voyage avec la fusion de deux formations majeures de la scène. Ce sont les Suisses de MONKEY 3 qui ouvrent le set avec un démarrage astral, d’une précision et d’une perfection sonore comme rarement j’ai eu l’occasion d’entendre au Westill. Puis, ils sont rejoints à mi-chemin par leurs camarades bordelais de MARS RED SKY pour une seconde partie tout aussi vaporeuse et chimérique. Avant de retrouver tout ce petit monde sur un final devant une salle bondée, je n’ai pas vu une aussi belle fraternité entre un public et un groupe depuis fort longtemps. Magistral ! Je vais mettre quelques minutes avant de redescendre. La fatigue se fait sentir (j’ai ma journée de boulot dans la tronche !) mais je me fais violence pour voir les Suédois de GRAVEYARD que je n’ai pas eu l’occasion de voir et grand bien m’en prends. " Please Don’t " (tube en puissance !) en ouverture et je suis déjà acquis à leur cause. Je comprends d’autant plus l’engouement autour de cette formation et les retours positifs de leur prestation scénique. C’est excellent, et la patte bluesy du show proposé est un délice auditif. Je quitterai le festival après une heure dans le " cimetière ", l’impasse est faite sur PLANET OF ZEUS auquel je ne suis pas très réceptif mais au vu des retours du lendemain, les festivaliers ont apprécié la prestation des grecs. Jour 2 (celui qu’on retient aussi !) : Ce sont mes compatriotes angevins de REDSTONE qui viennent donner les premiers coups de cymbales pour ce second round au pays du muscadet. Le quintet sonne beaucoup plus métal groovy que les autres groupes présents sur l’affiche, mais ils parviennent à alterner avec un stoner bouillonnant. Traitant de sujet d’actualité comme la montée du populisme à travers le monde, le message délivré par la formation du 49 est fort. On démarre en puissance. La formation parisienne STARMONGER leur emboite le pas, et compte bien battre le fuzz tant qu’il est encore chaud. Installant une chaude atmosphère sous ses riffs pêchus et montrant une joie d’être sur scène que le public lui rend bien. Ils nous gratifient d’un nouveau titre qui passe l’épreuve du live avec maitrise. Une belle découverte pour ma part. IAH, formation argentine originaire de Cordoba se fait comme ces collègues de MEPHISTOFELES, assez rare dans notre beau pays, et petits veinards que nous sommes, nous nous embarquons dans un set instrumental empreint de spiritualité et d’évasion. Le Champilambart transcendé, s’envole devant la prestation équilibrée et harmonieuse du trio. La batterie tient un rôle majeur dans les compositions du groupe, et sa prestance scénique conforte ce statut. Un moment hors du temps, ou les astres et les divinités se saluent. Le Westill se drape d’un blanc immaculé, WYTCH HAZEL sait se démarquer avec un jeu de scène christique : vitraux, calices et fleurs viennent garnir le décor, la formation de Lancaster nous invite à manger du lembas chez Galadriel. Une approche résolument typée 70’s, la patte sonore BLUE OYSTER CULT c’est clairement ma came, je me laisse séduire. Et malgré un gros problème de micro en début de show, les Anglais passent outre et embarque tout le Champilambart à coups de riffs mélodiques. Sortez les dés de 20 et les capuches de druides, CASTLE RAT la hype doom métal de ces dernières années ramène son jeux de scène et ses guitares lourdes. Certains diront que cela ne révolutionne en rien le style, mais preuve en est que la formule fonctionne. Le public répond à chaque invective de la Rat Queen (le Champi est blindé !). Après avoir dégainé l’épée et la peau de loup, c’est une femme à tête de rat qui débarque pour la bagaaaaaarre !!! Prestation plus qu’honnête et qui aura ravi l’audience. Je profite du passage de DVNE pour aller me ravitailler, pour le coup, je trouve ça assez redondant sur CD et bien en live c’est pareil…, ça m’a permis de me poser et de discuter avec des festivaliers forts sympathiques. Dernière claque avant de retourner dans mon Anjou, avec la bande de Nick DiSalvo : ELDER. Je ne suis pas un des plus grands fans de la formation américaine, leur composition étant costaude et parfois compliquée à digérer. Pourtant, je me laisse prendre au jeu, et même surprendre à apprécier ce que nous envoie les gars du Massachusetts. Mais le coup de barre est là et comme une partie de la salle, je commence à remballer mon sac pour regagner mes pénates bercées par la densité et le son des ricains. Je ne ferai pas mes adieux à ORANGE GOBLIN et ses 31 années de carrière ayant eu la chance de les voir au cours de l’édition 2024. Cette édition du Westill est une réussite, tant par son organisation, la qualité de son affiche et l’ambiance chaleureuse qui s’y dégage. Mais vient un point qu’il va falloir étudier, car ce succès mérité fait que nous commençons à être un peu à l’étroit dans ce Champilambart. Nous pouvons cela dit nous vanter d’avoir notre Desert Fest à nous, adieu ORANGE GOBLIN et à bientôt Westill… (Photos et review par DamDam) <<< Retour >>> |