FRANCOFOLIES 2018
La Rochelle le 13 et 15 juillet 2018
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Le festival s’est tenu cette année du 11 au 15 juillet 2018. Notre point de chute étant à 2 heures de route, un choix devait être réalisé au niveau des dates, ce sera pour nous le 13 et 15 juillet.

Journée du 13 juillet:
Nous arrivons juste à l’heure pour la conférence de presse de SHAKA POINK alors que celle de BIG FLO et OLI vient de s’achever. Nous croisons donc les deux frères toulousains, décontractés, sortant de l’espace presse et se prêtant au jeu des photos.
Puis au détour d’une allée, l’ami NICO LOCKHART et ALEXANDRE BOURIT avec qui nous échangeons quelques mots, et espérons les voir jouer et pourquoi pas pour un happening de MICHELE BLADES ou FISHBACH.
Une poignée de journalistes se positionnent pour la conférence de SHAKA PONK et les 20 minutes accordées ne seront pas suffisantes pour aborder tous les thèmes et pour que l’ensemble des journalistes puissent poser leur question.

Le groupe est réellement détendu et va aborder tous les sujets de manière décontractée ; que cela soit SAM ou FRAH ils sont disponibles ce qui est fou par rapport à leur notoriété dont ils se servent ainsi pour parler plus de leur projet " THE FREAKS " ; que de leur propre tournée. Il faut dire que les SHAKA PONK devraient être décrétés d’utilité publique d’autant plus avec les incertitudes que laissent planer Nicolas Hulot. https://www.the-freaks.fr/

Nous reproduisons in extenso ci-dessous les préconisations de THE FREAKS car il s’agit de choses simples à réaliser. Le groupe nous parle également de son goût du risque à faire une tournée des ZENITHS et des festivals avant de réaliser 7 shows à la CIGALE. Ils expliquent que certains groupes tentent des trucs dans des petites salles pour les reproduire si l’accueil est bon sur de plus grandes scènes. Un des journalistes aborde également leur rapport aux fans et il y a une vraie proximité qui n’est pas feinte, une ado ayant donné à SAM une peluche et un courrier dans l’après-midi, elle avait pris le temps d’échanger avec elle.
Ceci sera confirmé par des étreintes à la fin du concert que la chanteuse échangera avec une demi-douzaine de fans. Un bel exemple alors que certains groupes bien moins connus s’éclipsent dès qu’ils le peuvent. Il est également à noter que sur la tournée des ZENITHS, ils avaient pris ALB en première partie, groupe électro et avaient à leur tour fait la première partie d’ALB au café de la danse… bel exemple. Ils nous parlent également de leur visuel, de la façon dont ils l’ont conçu, des décors – qu’ils devront découper pour faire entrer sur la scène de la Cigale nous confient-ils sous forme de boutade. SAM évoque également la battle de fin de concert avant d’être coupée par FRAH qui souhaite nous laisser la surprise.

BERYWAM :
Alors que nous avions choisi cette date pour SHAKA PONK, artiste les plus rocks du festival, nous avons été bluffés par BERYWAM, groupe de " human beat box ", champions de France 2016 et champions du monde 2018 à l’heure où nous écrivons ces lignes. Ce groupe composé de 4 personnes est responsable d’un EP assez sympathique que nous avions écouté avant de nous rendre au festival. Divertissant mais peut-être pas suffisant a priori pour nous capter pendant un set entier ? Et bien non, quand les mecs arrivent sur scène ils nous scotchent, passée la première impression de la performance vocale, BEATNESS, WAWAD, RYTHMIND et BEASTY nous livrent une vraie performance scénique.
Pour tout vous dire, nous sommes allés dès le départ pour les photographier, pensant ne rester que pour quelques clichés et nous sommes embarqués, physiquement dans ce qui est et restera une des belles découvertes de ce festival. Les mecs sont à l’aise sur scène malgré le public conséquent et le fait qu’ils ouvrent cette journée. Ils nous offrent des scènes de vie sur " voyez ce que l’on entend quand on ne peut pas rentrer dans une boite de nuit ", jouent les videurs et le mec qui veut rentrer pendant qu’un troisième ne fait que des basses et dès que la porte s’ouvre, la vraie musique le temps qu’une personne entre.
Sur le papier les BERYWAM sont un " allstar " de performance vocale mais ce sont des vrais performeurs et nous avons après leur passage une forte envie de les recroiser dans le futur.



CLARA LUCIANI :
Nous avions le choix de rester sur la grande scène pour LORENZO et sa poésie " incontournable " du genre " Sucer la bite " ou la classe naturelle de CLARA LUCIANI, qui arrive à conjuguer pop et rock dans un écrin classieux.
Direction le grand Théâtre où nous découvrons la salle comble et il faut dire que l’affiche à de quoi séduire, CLARA LUCIANI et PIERRE LAPOINTE, qui finiront en duo pendant le set de ce dernier. L’album de CLARA LUCIANI est une des révélations de cette année, que cela soit en solo guitare voix ou avec son backing band, CLARA LUCIANI arrive à associer charme et classe au rock and roll. Elle déroule les titres de son album avec une grâce impeccable et nous livre même après le rappel sa reprise de LANA DEL REY – " Blue Jean " francisée pour l’occasion en " Jean bleu " et ou l’original James Dean se transforme en Johny.
Que cela soit en solo à la guitare, accompagnée de son pianiste ou en full-band, CLARA LUCINANI sait charmer, mais pas une drague lourde à coup de mélodie facile. Ici au contraire, les mélodies sont complexes et les textes recherchés.
CLARA LUCIANI n’a pas la trentaine et nous livre déjà un album superbe qu’elle sait défendre parfaitement en live.

Set-list : 1. Monstre d’amour
2. Eddy
3. À crever
4. Comme toi
5. Drôle d’époque
6. Les fleurs
7. On ne meurt pas d’amour
8. La baie
9. La Grenade
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10. Jean Bleu
11. La dernière fois




Les FRANCOFOLIES ont eu cette année une excellente idée. Pendant les changements de plateau des artistes montants envahissent l’avant-scène. Nous croisons ainsi SUZANE, assez sélective sur les photographes… allez savoir pourquoi, le melon avant d’être connue ? toujours est-il que nous sommes malgré tout charmés (mais à distance) par ce power ranger bleu aux cheveux incandescents. SUZANE n’a que quelques titres pour convaincre, " L’insatisfait " nous accroche l’oreille car nous fumons en attendons de pouvoir refaire des photos de l’artiste suivant. " La flemme " est aussi accrocheuse, comme si BARBARA chantait sur du STROMAE. Allez sans rancune…

Il est temps de regagner la grande scène pour BIG FLO & OLI qui sont les artistes les plus plébiscités sur les festivals. Pas de chance, NAWAKPOSSE ne semble pas être au goût de certains artistes ou pas assez connu (comme bon nombre de médias) et seuls les médias nationaux sont accrédités pour les photos.

C’est donc à distance que nous suivrons le set, des vainqueurs, à juste titre, de la Victoire de la musique pour la chanson originale de l’année. BIG FLO & OLI livrent des textes justes dans des chansons qui ne sont pas dénuées de mélodies et le fait d’avoir des musiciens " live " permet au set d’être pertinent et de plaire tant à ceux qui sont venus pour LORENZO que pour ceux qui sont venus voir SHAKA PONK. A ce titre, il faut dire que les deux frangins n’ont pas pris le melon et semblent kiffer le moment comme un état de grâce, ils sont en effet ancrés dans " la vraie vie " et ce n’est pas qu’un mantra à la con. Ils sont, en effet, humbles par rapport " aux bêtes de scènes " que sont les SHAKA PONK et ont conscience que la date a été remplie en partie sur le nom de la tête d’affiche de ce soir. BIG FLO & OLI ont un truc pour galvaniser la foule, mettre le public en compétition avec ceux des autres festivals.
L’avancée scénique permet au groupe de " fendre la foule " tout d’abord sur le plancher puis ensuite dans la foule jusqu’à un spot prévu à cet effet. Le concert se termine avec des ballons gonflables géant et des projections de cotillons argentés.
BIG FLO & OLI sont des bêtes de scène que le show-business n’a pas encore pervertis et cela n’a pas pris pour le public. Cela confirme les premières vidéos que nous avaient passés les mecs de SIDILARSEN dont " l’héritage " qui les positionnaient déjà comme des dignes héritiers du rap old school.
Ceux que certains nomment à tort " les bisounours du Rap " livrent bien au contraire un rap positif, chaleureux et festif. Un point fort est que les Toulousains embarquent avec eux la scène local et des anciens KID WISE devenus désormais BRUIT (leur EP Monolith est un joyau instrumental) les accompagnent sur scène avec de vrais instruments ce qui donne un cross over assez intéressant et surclasse la concurrence qui ne chante que sur des musiques de DJ. Merci à Clem et Luc d’éclairer le set.

Set-list:
1. La vraie vie
2. La vie normale
3. Gangsta
4. Salope
5. Comme d'hab
6. Papa
7. Nous aussi
8. Aujourd’hui
9. Autre part
10. Sac à dos
11. Ça va trop vite
12. Je suis
13. Dommage
14. Personne
15. Alors, alors

VOYOU :
Le temps d’un changement de scène, VOYOU investit la scène. Dans sont haut de survet fluo, directement sorti de la première moitié des années 90, le nouveau poulain de l’écurie ENTREPRISE vient nous dévoiler quelques titres de son album à venir.
Un des derniers venus dans le label de FISHBACH et GRAND BLANC nous livre ici ses titres fluo et syncopés, alternant guitare, claviers ou batterie électronique, tel le " Tambourine man " que décrivait DYLAN. Le style hésite entre la variété et l’électro mais VOYOU fait le job et nous permet d’attendre le groupe que nous avons attendu toute la journée.



SHAKA PONK :
Les SHAKA PONK sont un groupe à part en France. Nous les avons connus avec la BO de " DEDALES " en 2003 où ils partageaient le tracklist avec ENHANCER, WATCHA, AQME ou encore TRIPOD. En 2004, l’exil berlinois les coupe de cette scène néo métal et les rend hybrides avec de l’électro. L’arrivée de SAM pour intégrer un double chant est un virage pour le groupe.
La conférence de presse nous a rendu le duo au micro excessivement sympathique et nous sommes un peu fébriles au regard des décors, nous nous apprêtons à prendre une claque en live.
Et heureusement que nous étions prêts car les SHAKA PONK n’usurpent pas leur renommée scénique. Ils donnent tout jusqu’à la ligne rouge et la dépassent parfois. Ayant récupéré la setlist, des indications sont données à la sécurité à chaque fois que FRAH saute, stage-dive, utilise des praticables comme des lego pour sauter de plus en plus en haut ou se fait porter au sens littéral par la foule. Le groupe nous sert ici une bonne partie de son dernier album mais n’oublie pas les titres qui sont désormais des hymnes, " I’m Picky " dédiées à tous les freaks et les personnes différentes, " Palabra mi amor " qui avait en son temps via le featuring de Bertrand Cantat fait un certain effet. FRAH fend ainsi la foule et se place sur un praticable au milieu de celle-ci pour lancer un cercle pit, chose que les FRANCOFOLIES n’avaient que rarement vu auparavant.
Le groupe se lance ensuite dans sa reprise magnifique et retravaillée de NIRVANA qu’ils avaient présentée à TARATATA et qui a fait l’objet d’un single. Il y a une difficulté à cerner ce groupe qui pourrait prétendre au HELLFEST mais qui semble attaché à sa maison de disque Tôt ou tard et aux scènes de Nagui. Nous réfléchirons à cette problématique plus tard tant le live nous entraine et que la batterie de "gung ho " nous pousse à headbanger, " the beat don’t stop " et nous aimerions que la soirée soit interminable.
Le groupe entame ensuite battle et convie Kurt Cobain, Prince ou Lemmy de manière virtuelle pour nous prouver que les musiciens ne sont pas des manches, si des doutes subsistaient encore. Encore quelques titres résonnent dans le port de la Rochelle et il est temps de se quitter. Juste avant cela, OLI passe son permis de SLAM et se jette dans la foule avec le parrainage bienveillant de son moniteur, FRAH. Un petit salut amical ici à CLEMENT DAQUIN de ALB qui avait choisi le même prof pour son premier stage dive.

Set-list :
1. Intro
2. Killing Hallelujah
3. On fire
4. Twisted mind
5. I’m Picky
6. Palabra mi amor
7. Circle pit
8. Smells like teen spirit (NIRVANA cover)
9. Gung Ho
10. Share a line
11. Battle
12. Rusty Fonky
13. Final




Journée du 15 juillet :
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas aux FRANCOFOLIES, la distance nous séparant de la ROCHELLE ne permettant de couvrir l’intégralité du festival nous skippons à regret la journée du 14 juillet qui nous promettait pourtant une superbe affiche sur la scène Jean-Louis Foulquier.
EDDY DE PRETO, JEANNE ADDED (surtout), JAIN et ORELSAN. Compte tenu du talent de ces artistes nous les recroiserons sans aucun doute.

Le 15 juillet est lui, plus classique dans sa programmation, car nous avons au programme JULIETTE ARMANET, BIRKIN, BRIGITTE, MC SOLAAR et nous avons décidé une incursion pour aller écouter JULIEN CLERC.
Nous n’allons pas nous cacher, nous avons manqué des occasions avec JULIETTE ARMANET, notamment lors de son passage au PLAN à RIS ORANGIS. Les FRANCOFOLIES ont modifié les horaires de passages des artistes pour permettre au public de regarder la finale de la coupe du monde de football… Nous sommes champions et la joie d’écouter ces artistes ne sera que plus grande.

C’est dans cette ambiance un peu particulière que nous attendons JULIETTE ARMANET. Et c’est la nouvelle Marianne qui arrive après une intro très longue, drapeau à la main, une Marianne dans une tenue de métal, comme une Jeanne d’Arc élégante, combative mais heureuse de cette deuxième étoile et surtout en tant que lauréate du chantier des FRANCOFOLIES, l’émotion de jouer sur cette grande scène est palpable.
Il y a quelque chose de bizarre de commencer par " manque d’amour " alors qu’il est évident que le public galvanisé est là pour elle. Son album " petite amie " a connu plusieurs versions, est disque d’or. " L’amour en solitaire " résonne quelques minutes plus tard, elle n’est pas " solo " cette fois-ci. La première fois que j’ai entendu cette chanson, c’est grâce à Mélissa, une des grandes attachées de presse de la variété française. Je reçois un CD promo il y a près de deux ans et demi et là, une révélation, j’ai été trop longtemps éloigné de la musique qu’elle soit amplifiée ou plus pop… Les histoires d’amours et leurs finitudes ont ces années engendré deux albums fantastiques que sont " Petite amie " et " Sainte-Victoire " de CLARA LUCIANI. Les deux artistes ont d’ailleurs une affection particulière l’une pour l’autre.
JULIETTE ARMANET sait renouveler le genre fantastique que WILLIAM SHELLER ou VERONIQUE SANSON qu’est le piano voix en ajoutant derrière elle un backing band de choix dont le merveilleux RICKY HOLLYWOOD à la batterie que j’avais découvert en première partie de CLEA VINCENT sur la scène de la CIGALE. Sur " Sous la pluie " les guitares de JEAN POULHALEC se font rock pour que le public se déhanche. Nous sentons que ce concert est spécial pour JULIETTE ARMANET, que de chemin parcouru depuis le chantier des FRANCOFOLIES. Cela se ressent après la reprise francisée osée de " I feel it coming " de THE WEEK END, JULIETTE ARMANET est en larmes, émue, et nous le sommes aussi pour elle. Le public voudrait un rappel qu’elle ne peut pas faire pour cause de timing serré de festival. Ce n’est que partie remise.

Set-list :
1. Manque d'amour
2. La carte postale
3. L'indien
4. Star triste
5. Cavalier seule
6. L'amour en solitaire
7. Sous la pluie
8. À la folie
9. Loulou
10. Un samedi soir dans l'histoire
11. Je te sens venir (THE WEEK END cover)




Nous restons sur la grande scène pour regarder la célébration de GAINSBOURG par son ancienne muse.

JANE BIRKIN :
Les chansons de GAINSBOURG prennent une autre dimension en symphonique, les " Baby Alone in Babylone " et " Valse de Melody Nelson " sont encore plus touchantes. BIRKIN reprend le grand Serge en symphonique et se permet entre deux chansons une petite Marseillaise a capella pour célébrer deuxième étoile. Quand Albion célèbre la France…
Il faut avouer qu’après JULIETTE ARMANET et son set endiablé, la version symphonique est quelque peu déroutante car nous avons besoin de plus de peps en cet après-midi de victoire footballistique.
Set-list :
1. Ces petits riens
2. Lost Song
3. Baby Alone in Babylone
4. Valse de Melody
5. Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
6. Requiem pour un con
7. Une chose entre autres
8. Ballade de Johnny Jane
9. Exercice en forme de z
10. La Chanson de Prévert
11. Les dessous chics
12. Pull marine
13. La gadoue
14. Jane B.
15. L'Anamour




C’est donc sur la " fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ", que nous nous éloignons de la grande scène pour rejoindre le Grand Théâtre et rejoindre pour quelques chansons JULIEN CLERC. Nous avons manqué la superbe POMME et sa pop intelligente, nous la croiserons plus tard à l’exposition de peinture d’ALBIN DE LA SIMONE.

JULIEN CLERC :
Le set de JULIEN CLERC est un best of, du style que nous écoutions enfant dans la voiture en allant en vacances, cassette flanquée dans l’autoradio autoreverse. Il y a un côté désuet à écouter JULIEN CLERC en 2018 mais il faut avouer que nous connaissons tous ses chansons par cœur. Il s’agit ici d’une madeleine de Proust que nous avons dégustée, un plaisir coupable.
Alors qu’il est l’heure de quitter le Grand Théâtre pour la Scène Jean-Louis Foulquier, nous sommes comme aspirés par une forme d’addiction nostalgique, " allez encore une dernière " et nous assistons finalement à une bonne partie du set. Le " Fais-moi une place " prenant une dimension différente, étant en couple que lorsque nous étions enfant. Et cette chanson est superbe et vient toucher notre " cœur de rocker "… Il est temps de partir quand JULIEN CLERC introduit la chanson par " COLUCHE m’avait offert un grand bocal rempli de noyaux " après avoir écouté cette chanson. La machine à remonter le temps a fait son effet, nous sommes à nouveau en 2018, les personnes qui ont connu COLUCHE de son vivant sont nos parents, et il est temps que nous laissions définitivement le Grand théâtre pour cette édition 2018.

Set-list :
1. Utile
2. Je t'aime etc
3. La Californie
4. Fais-moi une place
5. Si on chantait
6. This Melody
7. Double enfance
8. La chanson d'Émilie Jolie et du Grand Oiseau
9. Ce n'est rien
10. C'est en septembre
11. Ma préférence
12. La cavalerie




Retour sur la Scène Jean-Louis Foulquier, pour les BRIGITTE.


CATASTROPHE :
Avant cela, nous avons la bonne surprise de découvrir CATASTROPHE sur l’avancée de la scène, ils s’entassent à 5 mais de bon cœur sur cette langue de scène qui embrasse la foule. Blandine commence un " tout le monde se souvient de 1998, et bien on se souviendra de notre 2e étoile et on se souviendra de vous ". Démago ? Pas du tout, le sourire de la chanteuse ne peut mentir et nous voilà embarqués dans leur set, court mais intense, la signature du Label TRICATEL de BERTRAND BURGALAT épate par sa maitrise et sa façon de capter la foule.
Ces jeunes gens bien élevés se lâchent complètement sur scène et ce n’est pas Pierre qui nous contredira dans sa façon de lancer " there is a party in my pussy " … Ce collectif ne se contente pas de chanter mais touche à tout, littérature, clips barrés, etc.
De vrais artistes. Depuis que je les ai rencontrés, ce soir de la deuxième étoile, ils ne me quittent presque plus, physiquement même car ils se sont rendus essentiels dans le paysage pop variété, deux soirs avec BARBARA CARLOTTI, venant doubler AS DRAGON sur les Chœurs avec BERTRAND BURGALAT avec ALICE LEWIS. Effectivement BLANDINE RINKEL, cette deuxième étoile je l’ai fêtée avec vous et même votre canon lance cotillon de " toutpourlafête.party " avait quelque chose de poétique et restera comme un moment important de ce festival.

Set-list :
1. Be bop record 2. Party in my pussy 3. Pheonix



BRIGITTE :
Que de chemin parcouru depuis que MAYANE DELEM accompagnait la Team Nowhere et que VENDETTA m’invitait à des showcases au Batofar. Celles qui se décrivaient comme des " lucky looseuses " lors de leur remise de leur victoire de la musique en 2012. Elles arrivent avec le drapeau de la France en nous disant, " nous n’allons pas reprendre la Marseillaise, cela a déjà été fait ce soir… ". Dommage cela aurait peut-être eu plus de gueule que la version de BIRKIN.

Et les deux BRIGITTE partent sur " PALLADIUM " titre du dernier album. BENOIT JULIARD le bassiste est remplacé car il est en tournée avec PLEYMO, malgré cela nous passerons un excellent concert, un peu de groov en moins.

La romancière Zelda FITZGERALD est célébrée dans la chanson éponyme à son prénom et la femme sera également célébrée quelques minutes plus tard sur la superbe reprise de NTM " Ma Benz " qui avait été choisie lors d’un festival où le challenge était que des artistes féminines reprennent des chansons masculines. Cette version est superbe par son décalage de perception face à l’original et c’est, il a près de 10 ans, à l’écoute de cette chanson que je suis tombé amoureux de BRIGITTE avant même de reconnaitre Sylvie ou Aurélie sous les traits des amazones prises en photo par le leader de PLEYMO au polaroid. " Mon intime étranger " aborde la relation d’Aurélie avec son père, seules assises au piano, les BRIGITTE se détachent. BRIGITTE si à l’aise dans sa dualité devient uniquement Aurélie. Nous aurons également cette impression sur " Carnivore "; en effet, l’ombre de l’ami MARK MAGGIORI plane comme lors de mes premières FRANCOFOLIES en 2004 où mon accréditation avait été demandée uniquement pour voir PLEYMO sur Scène. Cette fois-ci, pas de guitare saturée, mais une chanson de son ancienne femme qui le rappelle à la maison. Mais le frontman devenu cowboy semble avoir désormais une vie américaine bien établie. Sur ces deux titres, Sylvie s’efface, en choriste de luxe. Nous sommes en pleine psychanalyse d’Aurélie et nous avons envie que sur les deux prochains titres, en miroir, BRIGITTE prenne la forme de Sylvie et qu’elle nous raconte, à son tour, ses sentiments. Cela ne sera pas le cas et nous avons donc fait face, pendant deux titres à une BRIGITTE à une tête alors qu’elle est si belle dans ce qu’elle a de siamois.
Les quelques titres restants nous remettent en scelle mais l’ombre portée des deux figures masculines de la vie d’Aurélie nous suivent désormais. Le final " Battez-vous " nous redonne envie de plus, et nous renvoie à ce premier EP où les lucky looseuses l’était encore et nous écoutons cette chanson avec beaucoup d’affection pour le travail et le parcours réalisé en près de 10 ans par ces deux femmes.

Set-list :
1. Palladium
2. La baby doll de mon idole
3. Plurielle
4. La vengeance d'une louve
5. Zelda
6. Hier encore
7. Ma benz (Suprême NTM cover)
8. Cœur de chewing gum
9. Mon intime étranger
10. Carnivore
11. Sauver ma peau
12. À bouche que veux-tu
13. Oh la la
14. Battez-vous


MC SOLAAR :
MC SOLAAR n’a jamais été réellement un rappeur. Un poète plus. Rendant jaloux bon nombre d’auteurs de paroles, de chanteurs.
C’est un avec un réel plaisir que nous retrouvons MC SOLAAR, peut-être pas encore pour ses nouveaux titres mais comme une madeleine de PROUST, une envie inextricable de remonter le temps. Tout le monde se souvient d’au moins une demi-douzaine de titres qui l’ont accompagné dans sa vie. Nous n’allons pas nous mentir, les titres du dernier album ne sont pas connus de tous mais ils sont accueillis avec autant de passion que les anciens.
Néanmoins la foule frissonne dès les premières notes des titres comme " Nouveau Western ", " Caroline " ou " Bouge de là ". Dans la check-list des concerts essentiels rap à faire, la case MC SOLAAR est désormais cochée avec des superbes souvenirs de ce festival.

Set-list :
1. Intro
2. Sonotone
3. Géopoétique
4. Qui sème le vent récolte le tempo
5. Frozen Fire
6. L’aigle ne chasse pas les mouches
7. Nouveau Western
8. Super Gainsbarre
9. Bouge de là
10. Victime de la Mode
11. Caroline
12. L’Attrape-nigaud
13. Da Vinci Claude




Merci à Mélissa Phulpin, Brigitte Batcave et son équipe, l’organisation du Festival, Stéphane Da Mota (mais qu’est-ce que tu fais là ?).
Merci aux artistes et à leur disponibilité avant et après les concerts et pour les conférences de presse.
Merci Didier Varrod et Antoine Bienvenue quelle joie d’avoir fêter la seconde étoile avec vous.



(Review réalisée par Val et JC. Photos par JC)

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