ESCARRES + FIAT ENO + DETI DESTE + PORD + IMRAN
Nancy le 21/11/08
(Le Hublot)


Ce soir, 4 Vosgiens fêtent la sortie de leur 1er album coproduit par Oni Red Chords.
A l’entrée, on me dessine une bite sur la main en guise de tampon, OK.

La salle du hublot est grande, noire et presque vide pour l’intro. Etrange prestation, à base de bruitages improbables ultras saturés et de reprises dance. Le performer, c’est Imran, auteur de plusieurs méfaits dans la région et ailleurs, ce soir me dit-on, c’est " Jeanne d’arc Vador ou les vieux de l’amour " : OK.

Premier groupe : PORD. A la croisée de la noise et du post-core, les amis sont efficaces. Très carrés, très techniques et subtilement minimalistes. Entre les chansons, leur accent cévenole étonne. La musique est belle, la basse parfois jazzy et la sono un peu mal réglée.
Par contre, la dernière chanson, qui semble durer 40 minutes perdra les moins avertis.

Ce soir, on est aussi venus voir les potes tchèques qui ont croisé la route d’ESCARRES lors de leur tournée dans les Pays de l’Est en Août 2008.
A ce titre, DETI DESTE entre en scène, amputé de 2 musiciens. Pas de guitare, le chanteur prend la basse. Leur prestation parait dissonante voire bordélique au départ, mais j’y ai pris goût. C’est sûrement à cause de l’absence de la moitié de groupe que le flow est si constant (pas soporifique pour autant). Gros et barbu, le chanteur saute, gueule et donne de lui-même, mais ça manque de quelque chose, nom d’un chien !

A la pause : une cigarette ou deux, un vin chaud dans le froid et quelques chansons paillardes pour se remettre en jambe. Et, ô dieux odieux, il fallait au moins ça pour FIAT ENO.
Premiers sons de FIAT ENO et ni une, ni deux, la chanteuse dégueulasse, aux dents noircies par le vin rouge ou dieu sait quoi, tombe sa jupe pour dévoiler son corps gras, son collant troué et sa culotte à têtes de mort. Sacré putain, elle envoie ! Elle braille, elle saute, elle se roule par terre et elle fait du gringue au chanteur d’ESCARRES. " Mamuk is not Dave " ! On y comprend rien, mais c’est du gros sale et ça envoie… Il y a de quoi devenir fou. Hardcore au sens propre du terme, pas traditionnel pour un sou : malsain, choquant, au gros son et aux textes décousus.
La femme fatale de FIAT ENO finit par laisser la place à ses collègues pour les 2 dernières chansons. Le guitariste passe au chant, calme le jeu et change de style. Ses intonations et l’omniprésence de la basse m’ont parfois rappelé Franck Black et ses PIXIES. C’est ainsi que s’achève les premières parties pour laisser place aux tant attendus ESCARRES.

Propres sur eux et sages en début de set, les vosgiens ont faillit me faire peur. JP, le guitariste, arbore un T-shirt EXIT WOUNDS, confrères champenois venus en nombre et en force les supporter ce soir. Ben quoi ? Pas de short en vinyl, pas de sale blague ? Ne nous inquiétons pas… Ils prennent le temps de nous faire découvrir quelques-uns de leurs nouveaux titres puis nous font reprendre un chant d’incantation. Une tente Quechua type " les enfants de Don Quichotte " est balancée dans la foule. Les gus rentrent dedans pendant qu’on continue de brailler et ils en sortent affublés d’horribles slips kangourous : Ouf ! Et c’est là que le concert commence.
Chez les vosgiens de ESCARRES, il n’y a pas de leader : ils sont 4 très bons musiciens qui ont un style bien à eux. Malgré leurs saletés, ils ne jouent pas la carte du burlesque. ESCARRES, c’est du putain de hardcore bourrin, subtilement mélodique à ses heures. Avec leur jeu de scène à l’arrache, leurs riffs répétés jusqu’à l’euphorie et leur chanteur beau gosse, ils ne peuvent laisser personne indifférent.
Ce soir, les ESCARRES nous ont à la fois surpris et ont été égaux à eux-mêmes. Ils nous ont prouvé qu’ils ont de la bouteille et qu’ils connaissent du beau monde.

Gros son, humour vilain, alcool pas cher et rigolade. Cette release party était un vrai show et on leur souhaite bonne continuation.


Review réalisée par Marine