| DEF LEPPARD Paris le 08/07/26 (Accor Arena) ![]() Le glam rock n’est pas mort ! Bientôt prêts à rivaliser avec les inoxydables ROLLING STONES en termes de longévité, plusieurs groupes phare des années 80 continuent de se produire dans des arènes géantes et des stades, dans des tournées mondiales massives : DEF LEPPARD, MÖTLEY CRÜE, SCORPIONS ou WHITESNAKE. Et le public de répondre présent en masse, entre boomers nostalgiques et fans issus de la génération X, mais aussi adolescents et jeunes adultes qui ont découvert le genre via des séries comme " Stranger Things " et " Cobra Kai ", ou sur les réseaux sociaux. Après des années de pop et de rap très produits, sombres ou minimalistes, les rythmes énergiques, les refrains massifs calibrés pour les stades (les fameux anthems), les looks kitsch et les solos de guitare très visuels fonctionnent parfaitement pour les formats vidéo courts, et des morceaux vieux de 40 ans deviennent viraux en quelques jours. C'est le retour en grâce d’une musique qui ne s'excuse pas d'être excessive. Une tournée européenne en 13 dates Ainsi le quintet britannique DEF LEPPARD, dont la première formation date de 1976 et dont la composition n’a plus changé depuis 1992, a-t-il démarré le 13 juin une énième tournée européenne (avec le groupe américain EXTREME en invité spécial). Leur caravane est passée par la Suède, la Finlande, la Suisse, le Royaume-Uni et la France, et le tour sur le Vieux Continent doit s’achever sur une 13e date, le 30 juillet, lors du festival Wacken Open Air qui accueille chaque année quelques 85 000 métalleux au nord de Hambourg, en Allemagne. Puis ce sera une tournée américaine cet automne (le concert du 2 août à Dubaï a été annulé en mai dernier, sans raison officielle)… C’est le mercredi 8 juillet, à l'Accor Arena (ex-Palais Omnisports de Paris-Bercy) que le public français a retrouvé les léopards sourds (DEF LEPPARD est une modification orthographique de DEAF LEOPARD). Le groupe aux 110 millions d’albums écoulés a donné plusieurs concerts mémorables à Paris tout au long de sa carrière, notamment à Bercy en mars 1988 et en mai 1993, et au Zénith en octobre 1996. Mais il n’avait pas rejoué dans la capitale depuis… 30 ans, ses trois derniers passages dans l’Hexagone correspondant à leur participation au Hellfest (en 2013, 2019 et 2023). "J’ai du mal à croire que cela fasse si longtemps !", avouait Joe Elliott (le chanteur), avant de monter sur scène. Pour l’occasion, Bercy était quasiment comble, sachant que la salle accueille généralement entre 17 000 et 19 000 spectateurs et que le prix des billets démarre à 90 €. Comme d’habitude, la production et la promotion du concert étaient assurés par Gérard Drouot Productions (GDP), partenaire historique en France de nombreuses légendes du classic rock et du hard rock (AC/DC, ALICE COOPER, SCORPIONS…). L’occasion de voir DEF LEP’ (pour les intimes) en live se présentait enfin pour moi qui ai usé jusqu’au bout la bande de la cassette de l’album " Hysteria " sur l’autoradio de ma première caisse, à la fin des années 80… Durant presque 1 h 45, les Anglais ont livré une prestation aussi énergique qu’efficace, enchaînant 19 titres puisés dans (presque) toute leur discographie, de " Bringin’ On the Heartbreak " sorti en 1981 à " Rejoice ", le dernier single en date (très dispensable), qui a ouvert le show. Vendu à plus de 25 millions d’exemplaires, l’album " Hysteria " (1987) a sans surprise été mis à l’honneur, avec ses six cartons planétaires. Certains ont regretté que l'impasse ait été faite sur les titres du tout premier album (" On Through the Night ", 1980), et que la setlist ait été trop centrée sur les tubes FM. Surtout, c’est la voix du chanteur (66 ans) qui est parfois apparue à la peine. Mais le reste du groupe a largement sauvé la mise, entre le bassiste (Rick Savage, 65 ans, ancien footballeur professionnel au sein de Sheffield United) qui s’est fendu de quelques jolis solos, l’incroyable batteur (Rick Allen, 62 ans) qui a perdu son bras gauche dans un accident de voiture en 1984 et joue depuis avec une batterie multi-pad électronique, et les deux guitaristes (Phil Collen et Vivian Campbell, 68 et 63 ans respectivement) parfaitement raccords. Le tout au milieu d’un décor grandiose, articulé autour d’une structure triangulaire régulièrement déployée, qui rappelait le logo du groupe dessiné dans une pyramide. Le spectacle regorgeait d’animations vidéos et de jeux de stroboscopes, et les apparitions du drapeau britannique étaient évidemment légion, comme sur cette puissante fusée qui décollait au milieu du morceau " Rocket ". Et sur le morceau " Photograph ", qui à l’origine rendait hommage à Marylin, ce sont des images d’archives du groupe qui ont défilé sur les écrans, pleines de nostalgie. Malgré le son de la salle qui en a déçu plus d’un (selon l’endroit où l’on se trouvait en fait), les différents musiciens ont impressionné par leur précision instrumentale et leur dynamisme, après un set d’ouverture tout aussi énergique du groupe EXTREME. Son guitariste (fort bavard) Nuno Bettencourt, bientôt soixantenaire, a d’ailleurs été invité à rejoindre DEF LEPPARD sur scène pour le titre " Slang ". " Nous n'attendrons pas encore 30 ans pour revenir à Paris ! ", a promis Joe Elliott lors du salut final. Un nouvel album est en tout cas annoncé pour 2027… Set-list : Rejoice Animal Let’s Get Rocked Personal Jesus (reprise de DEPECHE MODE) Bringin’ On the Heartbreak Switch 625 Just Like ’73 (avec Tom Morello) Rocket Rock On (reprise de David Essex) White Lightning Slang Promises Armageddon It Love Bites Rock of Ages Photograph Rappel : When Love and Hate Collide Hysteria Pour Some Sugar on Me Remerciements à Gérard Drouot Productions (GDP). (Review et photos réalisées par PIF) <<< Retour >>> |