BLACK BOMB A + MACHINA DEUS EX + ABSINTHEBOLIK
Vélizy le 16/02/08
()


Une journée avec une formation de BLACK BOMB A qui a retrouvé Djag au chant… La perspective était trop belle pour être vraie. Je regarde mon agenda suite au courriel de Sam le guitariste et je vois que c’est un samedi…
Journée placée sous le signe du double chant puisque les trois groupes ont cette spécificité.
Le jour J arrive. Les gars sont arrivés une heure avant moi et je les retrouve à 14 heures en pleine balance. La salle parait plus grande que l’Elysée Montmartre et les consoles de mix sont en plein milieu de la salle qui a du servir moultes fois à des après-midi Bingo.
Les associations n’ont pas fait plus de com’ que ça mais cela fait plaisir de retrouver 10 ans après une formation presque à l’identique (du moins au niveau des voix et des grattes). Les balances se font progressivement et le groupe doit faire tourner deux ou trois titres. BBA est donc bien là et j’ai peur de ne pas forcément retrouver les impressions de la période entre " Straight in the Vein " et " Human Bomb "… La balance se fait par un morceau du dernier album qui prend une autre dimension et je me dis que j’ai certainement sous-estimé les deux derniers albums (impression vérifiée la semaine d’après dans le métro…) Puis vient " Brain Dead " en 3e titre de balance et qui envoie. De bon augure pour la soirée.
Retour dans les loges où nous prenons quelques bières et vient l’attente.
Les uns se mettent à leur guitare pour se chauffer les doigts ou composer, les autres se calent devant un bon film de vampire ou un Rambo pour passer le temps.
Le second groupe balance et j’arrive à temps pour écouter tourner deux de leur titre qui font inévitablement penser à LACUNA COIL
Je tombe sous le charme de cet électro métal qui joue bien loin des terres de BBA.
Re film/re gratte.
Le groupe apparait super uni et m’intègre parfaitement à la familia…
Un vrai plaisir. Je suis obligé de bouger car le groupe doit faire une interview filmée à plusieurs caméras… Va pour Rambo avec l’ingé son.
Je passe une tête à la balance de la première partie et ne reste pas très longtemps, les deux titres " Démolition " et " Quelque chose en ‘tion " ne me parlent pas.
L’interview terminée, le groupe se rend dans la salle pour le diner… un conflit bon enfant de couvert en plastique naitra et sera vite résolu…Le groupe retourne dans les loges et les paris se font sur le nombre de ventes… Le plus pessimiste, originaire de la ville aura raison sur ses pronostiques et les autres auront certainement un gage.

Le premier groupe monte sur scène, très technique et pas très cohérent dans les constructions des chansons. Ce n’est pas mon style de musique, je retourne dans les loges.

30 minutes plus tard, c’est au tour de MACHINA DEUS EX de passer sur scène. Les costumes de scène sont enfilés, la chanteuse en jupe courte et doc Martins hautes, le guitariste avec sa crête fait penser au bassiste de PLACEBO. Tout de noir vêtu, le groupe entame son set qui sera agrémenté de plein de petits pépins techniques (câbles, retours…). L’intro retentit et s’en suit le titre " My heroine ". La voix de la chanteuse se fait un peu écraser par les instruments mais les riffs sont bien là. Le côté PARADISE LOST est sensible même si la voix masculine se fait plus androgyne. La voix de la chanteuse n’a presque d’égale que celle de Cristina du groupe italien cité plus haut. MDE ne tombe pas dans la redite ou la copie de LACUNA COIL mais semble reprendre le flambeau là où " Coma Lies " s’était arrêté. J’ai les mêmes frissons qu’en découvrant le premier EP du quintet Italien… La chanteuse n’utilise pas de retour traditionnel donc sa voix se fait distante pour les gens situés au devant la scène.
Le second titre se fait à la fois plus lourd et limite oriental sur le refrain. La voix masculine se fait plus rauque et fait penser à celle du chanteur de MUSE, ce qui fait un certain effet sur cette musique presque gothique.
Le groupe est en place et les problèmes techniques oubliés pour commencer " NW ", new way qui entame leur dernier album et dont l’intro ne dépareillerait pas sur un album de DEPECHE MODE. Cette chanson se place encore une fois dans la lignée de LC mais encore une fois sans plagia et la voix du chanteur est tellement différente que la comparaison ne tient qu’en partie. " Carcinogenic ", single presque affiché tend plus vers un SHANE COUGH pour l’énergie ou un KHUNDALINI pour le côté planant. Le groupe a trouvé son équilibre entre le métal et le côté atmosphérique du chant. Pas étonnant de retrouver un remix de cette chanson sur leur album. La voix masculine se fait plus agressive et en contrepoids total de celle de Sandrine qui s’envole. Le groupe se lance dans une reprise complètement revisitée de " Sleeping Satellite " de TASMIN ARCHER. Le groupe est à des années lumières de l’original mais cette reprise est une réussite. Cette chanson que n’aurait pas reniée SHADE prend ici une dimension métal et l’alternance des 2 voix est parfaite. Les deux derniers titres passent trop vite mais cela donne envie de retourner voir ce groupe en concert avec de meilleures conditions.
Set-list :
Intro - My heroine - Favourite slave - Last scene - N.W. - Carcinogenic - Sleeping Satellite - Deep coma - Together

C’est au tour de BBA de monter sur scène. " One Sound Bite to React " entame l’hostilité comme s’ils jouaient à l’Elysée Montmartre. On attend que le groupe se chauffe ou qu’il nous chauffe. Poun se lance dans les invectives : " fermez les yeux on est 100 000, vous êtes à Wembley… ". Les premiers riffs de " Lady Lazy " le laissent à peine terminer et voilà la salle est chauffée à blanc. Ca pogote de partout.
Les cinq ont un espace énorme pour se déplacer car Hervé est loin derrière eux. Le groupe joue vraiment comme si la salle était pleine à craquer et cela fait plaisir. Leur mobilité déplaira à l’organisation qui leur retirera un retour car les BBA avaient mis un pied dessus. Il n’en fallait pas plus à Poun pour aller en discuter avec le mec qui leur avait sucré…
Professionnalisme oblige, le groupe continue alors que Poun s’explique et la musique le rappelle vite à l’ordre… " My mind is a Pussy " nous rappelle les bonnes vieilles heures des Sriracha Tours… Poun en profite pour que le mec du son ait la salle à dos. Le groupe continue avec un seul retour voix sur " You can’t save me "» qui remet définitivement les pendules à l’heure.
Djag pour la troisième fois de la soirée reprend une ligne vocale d’Arno sur " Be my Guest " et la chanson (déjà excellente à l’origine) prend plus de profondeur et de nuance. On repart juste après sur un titre de " Human Bomb ", " Everlast " qui ne dépareille pas du titre précédent.
Je retrouve le BBA que j’adore avec deux chanteurs super mobiles et des cordes qui bougent également, E.T. le nouveau bassiste est plus dans son élément que lorsque j’avais vu le groupe à l’Elysée Montmartre.
Djag m’avait prévenu que la setlist serait tournée vers le 1er EP et le premier album. Le titre " Born to die " n’est donc pas là pour le contredire… Enchainé avec le tubesque " Mary " que la salle reprend en chœur, ces deux titres explosent tout.
Le manque ressenti lors du départ de Djag est comblé avec son retour.
Sam et Scalp ne sont pas en reste et assènent leurs riffs avec le plus grand sérieux. Le groupe est servi par un bon jeu de lumière réalisé par Julien qui a réussi un exploit vu la configuration de la salle. Le groupe fait un saut de 8 ans en arrière avec le " Human Circus " qui n’a pas pris une seule ride et qui fait toujours son effet en concert.
Le groupe enchaine ensuite sur " Down " qui clôture le premier album et qui voit la seule partie réellement chantée de Djag sur l’album " Human Bomb ". Le morceau se termine dans le calme alors que les premiers riffs de " Look at the pain " sonnent déjà. Ce morceau casse la baraque et les pogos sont donc relancés. Suivent le non moins fameux " Double " et un enchainement " Never change ", " Fatherfucker " qui fait son effet et on aimerait que la soirée dure encore des heures tellement elle me replonge 10 ans en arrière lorsque j’avais découvert les BBA sur la scène du Free Wheels, festival qui a désormais disparu.
Malgré le bus qui attend le public, les BBA ne renoncent pas à deux derniers titres, " Police stop the way " issu de " Human Bomb " joué d’une traite avec leur reprise de MIDNIGHT OIL pour conclure la soirée.
La soirée se prolonge quelques heures avec le groupe, repos puis chargement du matos dans le bus. Une excellente soirée, cure de jouvence pour moi et excellent concert pour tous les spectateurs surtout pour les petits malins qui se sont emparés des T-Shirts lorsque Poun a annoncé qu’ils étaient gratuits…
BLACK BOMB A qui maintenant on le sait a perdu un de ses guitaristes qui a décidé d’arrêter l’aventure nous prépare un album qui on l’espère sera aussi bon que ce concert magistral.
Set-list:
One Sound Bite To React - Lady Lazy - My Mind Is A Pussy - You Cant Save Me - Be My Guest – Everlast - Be Alive - Born To Die – Mary - Human Circus – Down - Look At The Pain – Double - Never Change – Fatherfuckers - Police Stop Da Way - Beds Are Burning


(Review réalisée par JC)

<<< Retour >>>